Mercredi 18 Octobre 2017

Les membres du Réseau des femmes libériennes pour la paix mettent fin à leur jeune

Les membres du Réseau des femmes libériennes pour la paix mettent fin à leur jeune
(APA 10/10/17)

APA-Monrovia (Liberia) - Les trois semaines de prière et de jeûne du réseau des femmes libériennes pour des élections pacifiques s’achèvent ce soir alors que le scrutin doit se tenir mardi, avec quelque deux millions d'électeurs appelés aux urnes pour choisir leur prochain président et les 73 membres de l'Assemblée nationale.

Le jeûne pour la paix, qui avait commencé le 13 septembre, était organisé par « Women of Liberia Mass Action for Peace » (réseau des femmes libériennes pour la paix), une structure qui avait joué un rôle clé pour le retour de la paix dans ce pays, déchiré par des années de guerre civile.

Le réseau avait d’ailleurs invité toutes les femmes à observer elles aussi le jeûne et prier afin que le scrutin de mardi se fasse sans effusion de sang comme lors les trois précédentes élections.

Dans une interview avec l’Agence de Presse Africaine à Airfield Community, dans la banlieue de Sinkor, à Monrovia, la leader du mouvement, Leymah Gbowee, a résumé la motivation des femmes en ces termes: « Par le passé, elles étaient silencieuses, après avoir été violées, déshumanisées, tuées et contaminées par des maladies. Aujourd’hui la guerre nous a appris qu'il faut désormais dire non à la violence et oui à la paix ».

La co-lauréate du prix Nobel de la paix avec la présidente sortante Ellen Johnson Sirleaf, s’est ainsi faite l’écho des appels à la paix lancés par son mouvement à tous les Libériens, en particulier les hommes politiques et leurs partisans, pour qu'ils ne fassent pas basculer le pays dans la violence et pour qu’ils fassent en sorte de consolider les acquis démocratiques qu’a connus le pays au cours des dernières années.

« Women of Liberia Mass Action for Peace » a été créée à Monrovia en 2003 et est devenue célèbre pour avoir fait pression sur les protagonistes de la deuxième guerre civile pour la fin au conflit.

Gbowee et ses partenaires avaient dans les jours les plus sombres de la guerre civile multiplié les initiatives pour la paix, en rencontrant le président Charles Taylor mais aussi en assistant aux pourparlers tenus au Ghana avec les rebelles dans l’optique de mettre un terme au conflit armée.

Au Ghana elles avaient alors pesé de tout leur poids sur les négociations entre les belligérants pour qu’ils s’engagent sur le chemin de la paix.

Lors ces pourparlers, deux cents femmes libériennes avaient porté des robes blanches symbolique de la paix pour assister aux échanges.

A chaque fois que les négociateurs voulaient quitter la table des négociations, elles les menaçaient de se déshabiller devant eux.

Certains représentants des parties en conflit étaient tellement embarrassés qu’ils ont cherché à quitter la salle par les fenêtres, mais c’était sans compter sur la détermination des femmes « de la paix » qui avaient bloqué toutes les issues. Ces dernières avaient également organisé des sit-ins devant le palais présidentiel.

Après des heures de tergiversations, les deux parties ont été contraintes de signer un accord de paix définitif mettant ainsi un terme à 14 années de conflit sanglant. Il s’en est suivi l’organisation une élection pacifique, remportée par Ellen Johnson-Sirleaf, la première femme présidente démocratiquement élue en Afrique.

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