Vendredi 20 Octobre 2017

L’Afrique de l’Ouest adopte un plan pour en finir avec l’apatridie

L’Afrique de l’Ouest adopte un plan pour en finir avec l’apatridie
(RFI 10/05/17)

La lutte contre l'apatridie a fait un pas de plus mardi 9 mai en Afrique de l'Ouest. Un sommet réunissait à Banjul le Haut-commissariat aux réfugiés (HCR), aussi en charge de l'apatridie, et les Etats de la Cédéao. Après la déclaration d'Abidjan en 2015, un plan d'action a été signé par les ministres de la Cédéao pour s'entendre autour de mesures concrètes afin de mettre fin à la situation d'apatridie. Une première au monde. Car être apatride, soit sans nationalité, a beaucoup de répercussions sur la stabilité des pays et la vie quotidienne des personnes concernées.

Pour cette jeune fille de 21 ans, être apatride c'est une réalité de tous les jours. A sa naissance, en Gambie, elle n'a pas été enregistrée. Et impossible ensuite d'être régularisée sans la présence de son père, dont elle a perdu la trace. Aujourd'hui, elle ne peut rien faire. « J'étais à l'école, mais je n'ai pas pu continuer car je n'avais pas de papiers. Je ne peux pas avoir d'emploi car je n'ai pas de papiers. Même à l'hôpital, je n'y vais plus, ils me traitaient comme une étrangère et je devais payer plus. C'est comme si je n'étais personne. J'ai l'impression de ne pas exister », témoigne-t-elle.

Volker Türk, haut-commissaire assistant pour la protection du HCR, se félicite que la Cédéao prenne aujourd'hui le problème à bras le corps. « Il y a des problèmes de documents. Ça a déclenché des conflits dans le passé. Ça montre qu'il y a un lien entre les questions de développement, les questions de sécurité et le fait qu'il y a des apatrides », souligne-t-il.

Le plan d'action adopté à Banjul donne la marche à suivre pour régulariser le million d'apatrides dans la région. Des mesures supervisées par Fatimata Dia Sow, commissaire en charge des affaires humanitaires à la Cédéao. « C'est essentiellement la réforme sur les législations qui sont souvent restrictives, et au niveau de l'enregistrement. Que dès qu'une personne naît, on puisse l'enregistrer automatiquement et la reconnaître. »

Les Etats se donnent jusqu'à 2024 pour mettre fin à l'apatridie dans la région.

Dix millions d'apatrides dans le monde

Pas d'accès à l'école ni aux soins, impossibilité d'ouvrir un compte bancaire ou d'accéder à la propriété, sans parler des voyages souvent impossibles. Les chiffres manquent et les situations sont souvent incomparables d'un pays à l'autre, mais le quotidien des apatrides se ressemble. Si certaines personnes naissent apatrides, d’autres le deviennent malgré elles.

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