Mardi 23 Janvier 2018

« George Weah ne s’est pas contenté d’être une légende du foot, il s’est engagé pour le Liberia »

« George Weah ne s’est pas contenté d’être une légende du foot, il s’est engagé pour le Liberia »
(Le Monde 02/01/18)

L’ex-international a mis sa fortune, sa notoriété et son temps au service de ses compatriotes, au risque de décevoir, nous rappelle notre chroniqueur.

Par Hamidou Anne (chroniqueur Le Monde Afrique)

A Monrovia, le 28 décembre 2017, deux jours après la victoire de l’ancien international de football, George Weah, et sa colistière, Jewel Howard-Taylor.
George Weah a été élu, le 26 décembre 2017, deuxième président de la République du Liberia, après deux mandats d’Ellen Johnson Sirleaf. Sa troisième tentative lui a réussi et il s’est hissé à la tête de son pays.
Cette victoire de l’ancienne star du ballon rond, qui est jusqu’à présent le seul Africain à avoir obtenu le Ballon d’or, provoque diverses réactions sur le continent et au-delà, partagées entre effusions de joie au regard de la belle trajectoire de l’homme et peurs au sujet de sa prétendue incompétence. L’élection de Weah est aussi analysée par certains comme un rejet du personnel politique libérien.

Ceci nous semble biaisé, car l’homme, depuis son engagement public, est un membre du corps politique de son pays. Après les terrains de foot, « Mister George » a débuté un long match politique. Weah a créé un parti. Il a été candidat comme tête de liste ou colistier trois fois à une présidentielle. Il est allé remporter son siège de sénateur face au fils d’Ellen Johnson Sirleaf. Il s’est engagé « musculairement » au service de la démocratie dans son pays.

Un ailleurs lointain
Weah est passé du « je » au « nous ». Evoluant dans un milieu du football professionnel souvent très individualiste et régi par l’argent roi, il a d’abord mis aura et fortune au service des plus faibles dans un pays ravagé par la guerre. Puis il s’est politisé en ayant la conviction que cette conscience des problèmes sociaux à résoudre devait déboucher sur une conscience politique des enjeux, des rapports de force et de domination au Liberia.

Après l’action sociale et le « processus de politisation » ayant abouti à un regard critique porté sur les dirigeants de son pays, il s’est engagé dans l’espace public partisan et la compétition électorale.

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