Mercredi 22 Novembre 2017

Au Liberia, la tenue du second tour de la présidentielle suspendue par la Cour suprême

Au Liberia, la tenue du second tour de la présidentielle suspendue par la Cour suprême
(Le Monde 07/11/17)
Le premier tour de l’élection présidentielle a été organisée le 10 octobre au Liberia.

Aucune nouvelle date n’a été fixée pour le scrutin qui devait opposer, mardi, George Weah et le vice-président Joseph Boakai. « Deuxième tour de la présidentielle J – 1 ». Plusieurs heures après la décision de la Cour suprême du Liberia de reporter sine die le scrutin, le site Internet de la Commission nationale électorale (NEC), critiquée pour ses défauts d’organisation lors du premier tour, le 10 octobre, continuait comme si de rien n’était son compte à rebours alors que le pays entre dans une période d’incertitudes.

Les juges de la Cour suprême ont en effet suspendu, lundi 6 novembre, le processus électoral à la veille du second tour prévu de la présidentielle entre l’ex-star du football George Weah (38,4 %) et le vice-président sortant Joseph Boakai (28,8 %), sans fixer de nouvelle date au scrutin. Il est interdit à la NEC de « tenir le second tour de l’élection jusqu’à ce qu’elle ait examiné les recours » pour fraude présumée sur l’organisation du premier tour, a déclaré lors d’une audience très attendue le président de la Cour suprême, Francis Korkpor.

Dans son arrêt, le juge reproche à la NEC d’avoir « fixé une date [le 7 novembre] et préparé la tenue du second tour sans avoir au préalable examiné les plaintes faisant état d’irrégularités et de fraudes massives ». « Pour cette raison, l’interdiction de poursuivre le processus électoral sera maintenue », a-t-il poursuivi.

La Cour suprême enjoint donc la NEC d’examiner la plainte déposée le 23 octobre par le Parti de la liberté. Selon la Constitution, la NEC dispose d’un délai de trente jours pour le faire, soit d’ici au 22 novembre. En cas de désaccord avec la décision de la Commission, les plaignants peuvent saisir la Cour suprême dans les sept jours et celle-ci disposera d’un délai d’une semaine pour trancher. L’ensemble de ces procédures peuvent s’étendre jusqu’au 6 décembre au plus tard. Si tout le processus devait être repris, des élections doivent être organisées dans les soixante jours.

Briser une dynamique

La NEC avait en effet refusé d’examiner la plainte déposée par le Parti de la liberté de Charles Brumskine, arrivé troisième le 10 octobre avec 9,6 % des suffrages. Il dénonçait des fraudes et des irrégularités, il avait été rejoint sur ce sujet par Joseph Boakai. Charles Brumskine réclame que l’ensemble du processus électoral soit remis à plat et que les membres de la NEC soient remplacés avant qu’un nouveau scrutin soit organisé.

Les observateurs internationaux déployés sur place avaient certes critiqué l’organisation du vote – notamment des files d’attente interminables et des erreurs d’aiguillage des électeurs vers leur bureau de vote. Mais ils n’avaient pas relevé de fraudes massives et délibérées susceptibles de remettre en cause la crédibilité du scrutin ni de modifier sérieusement les résultats annoncés.

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