Mardi 21 Novembre 2017

Arrestations arbitraires, torture : selon Amnesty International, la répression se durcit au Tchad

Arrestations arbitraires, torture : selon Amnesty International, la répression se durcit au Tchad
(Le Monde 14/09/17)
Le secrétaire général d'Amnesty International, Salil Shetty

L’ONG déplore une dégradation des droits humains depuis la réélection contestée d’Idriss Déby Itno, en 2016, et demande aux Occidentaux de ne pas fermer les yeux. Alors qu’Idriss Déby Itno vient de se voir conforté par les promesses d’aide des bailleurs de fonds étrangers, Amnesty International dresse un nouveau bilan sévère de la situation des droits humains au Tchad.

Dans le rapport d’une cinquantaine de pages, présenté jeudi 14 septembre à N’Djamena, l’ONG déplore une dégradation notable à partir de 2015 puis avec la réélection contestée de M. Déby pour un cinquième mandat, en avril 2016. Les entraves aux libertés d’expression, de manifestation et de réunion sont, selon elle, devenues le lot commun de tous ceux qui veulent critiquer un régime fragilisé par la grave crise économique que traverse le pays depuis l’effondrement des cours du pétrole. En février, les élections législatives ont été reportées sine die. Le gouvernement a invoqué le manque d’argent pour les organiser.

Le rapport, intitulé « Entre récession et répression, le coût élevé de la dissidence au Tchad », s’appuie sur des témoignages d’opposants, de syndicalistes et de journalistes qui ont bien souvent eu à faire à l’Agence nationale de sécurité (ANS) qui a remplacé la sinistre Direction de la documentation et de la sécurité (DRS) de Hissène Habré, le prédécesseur de M. Déby, condamné à la prison à vie par les Chambres extraordinaires africaines en avril pour « crimes contre l’humanité ».

« L’ANS possède finalement un mandat et des pouvoirs du même ordre [que la DRS] et a reproduit certaines pratiques obscures du passé, notamment les arrestations arbitraires, la détention au secret dans des lieux non officiels et la torture », écrit Amnesty International, qui rappelle qu’en arrivant au pouvoir en 1990 M. Déby s’était pourtant engagé à mettre en place « une démocratie réelle, pluraliste, garantissant toutes les libertés individuelles ».

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