Jeudi 14 Décembre 2017

Au Lesotho, deux anciens Premiers ministres favoris des législatives

Au Lesotho, deux anciens Premiers ministres favoris des législatives
(AFP 01/06/17)
Le premier ministre sortant Pakalitha Mosisili (g) et L'ex-Premier ministre de 2012 à 2014, Thomas Thabane (d)

Deux anciens chefs du gouvernement du Lesotho sont les favoris des élections législatives anticipées de samedi qui risquent de déboucher sur une fragile coalition dans ce royaume en crise politique depuis plus de trois ans.

- Pakalitha Mosisili -

A 72 ans, le leader du Congrès démocratique (DC) et Premier ministre sortant compte bien retrouver son poste.

Lâché en mars par une partie de ses alliés dans la coalition qu'il dirigeait, il avait dû remettre sa démission.

Figure incontournable de la politique lésothane - il avait déjà été Premier ministre de 1998 à 2012 - il espère se reconstruire une légitimité dans les urnes, samedi.

Ses détracteurs l'accusent de n'avoir rien fait de ses longues années au pouvoir pour améliorer les conditions de vie des habitants de ce royaume extrêmement pauvre.

Ancien professeur à l'université, il s'est toujours impliqué dans la vie politique en rejoignant en 1967, un an après l'indépendance, le Parti du Congrès du Basutoland (BCP) puis en devenant ministre de l'Education dans les années 1990.

En 1998, en rupture avec le BCP, il se fait élire Premier ministre en se présentant à la tête d'un nouveau parti, le Congrès pour la démocratie au Lesotho (LCD).

C'est à la suite d'une nouvelle scission qu'il forme en 2012 son parti actuel, le Congrès démocratique (DC).
- Thomas Thabane -

Lui aussi ex-Premier ministre de 2012 à 2014, le chef du Congrès des Basotho (ABC) a été la cible d'un coup d'Etat manqué il y a trois ans.

Craignant pour sa vie, après l'attaque de postes de police par des soldats, il a fui le pays pour l'Afrique du Sud voisine, revenant brièvement le temps de législatives en 2015 où il a été battu.

A 77 ans, il est de retour au Lesotho depuis février et rêve d'un come-back aux commandes du gouvernement.

"Je prends un gros risque en revenant au Lesotho. Les menaces sur ma vie sont toujours là mais la politique est un domaine risqué", a-t-il déclaré cette année à des médias sud-africains.

Son arrivée au pouvoir en 2012, à la tête d'une coalition inédite dans le pays, a relancé une période d'instabilité politique.

Comme son rival Mosisili, Tom Thabane est une figure bien connue de la politique au Lesotho.

Il a fondé l'ABC en 2006 après avoir occupé plusieurs postes ministériels (Affaires étrangères, Intérieur, Sciences) dans divers gouvernements, y compris celui de M. Mosisili.

Sa popularité reste élevée, particulièrement dans la capitale Maseru où une marée de partisans aux couleurs jaunes de l'ABC sont venus l'accueillir à son retour d'exil.

- Monyane Moleleki -

Le leader de la toute nouvelle "Alliance des démocrates (AD) a joué un rôle déterminant dans la chute du précédent gouvernement.

Allié de Pakalitha Mosisili en 2012, il devint son ministre de la Police et un pilier de la coalition au pouvoir.

Mais en novembre 2016, des désaccords sur les politiques économiques font voler en éclats la fragile majorité. M. Moleleki et une vingtaine de députés quittent la majorité pour former l'AD.

"Nous nous sommes entretués politiquement. Nous avons formé ce nouveau parti car nous voulons mettre fin aux hostilités", a déclaré cet homme de 66 ans lors du meeting de lancement de la formation en janvier.

En 2013, il a été accusé d'avoir abusé de sa position passée de ministre des Ressources naturelles pour avoir favorisé l'attribution d'une licence d'exploitation de diamant.

Il a été acquitté en mars 2017.

- Selibe Mochoboroane -

A 39 ans, cet ancien ministre des PME est le plus jeune des candidats et rêve d'une trajectoire à la Emmanuel Macron, le nouveau président français élu début mai à 39 ans au terme d'une conquête éclair du pouvoir.

Débarqué au début de l'année de son poste de secrétaire général du Congrès pour la démocratie au Lesotho (LCD), Selibe Mochoboroane a fondé son propre parti, le Mouvement pour le changement économique (MEC), il y a à peine 100 jours.

Outsider du scrutin de samedi, il espère obtenir le soutien de la jeunesse dans un pays où la politique est dominée par les mêmes visages depuis des décennies.

"Il est jeune, frais, dynamique, innovant et non conformiste. Il représente l'enthousiasme", affirme l'un de ses alliés, Ramahoona Matlose.

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