Le changement climatique fait du tribut à la faune du Kenya | Africatime
Mardi 17 Janvier 2017

Le changement climatique fait du tribut à la faune du Kenya

Le changement climatique fait du tribut à la faune du Kenya
(Xinhua 13/12/16)

Le tourisme basé sur la protection de la vie sauvage est l'un des principaux piliers de l'économie kenyane. Mais les impacts du changement climatique menacent l'existence de cette ressource, exposant la nation d'Afrique de l'Est à des vulnérabilités économiques, ont averti des experts.

Aden Duale, leader de la majorité à l'Assemblée nationale, dans un rapport présenté au Parlement le 1er décembre, a plaidé pour la ratification de l'Accord de Paris sur le changement climatique, affirmant que le Kenya est vulnérable aux impacts du changement climatique vu la forte dépendance des secteurs sensibles au climat comme les réserves naturelles, le tourisme, l'agriculture, l'énergie, l'eau et la santé.

Proposition approuvée par les législateurs, donnant lieu à la mise en œuvre d'actions et de stratégies d'atténuation et d'adaptation aux changements climatiques dans le pays.

Julius Kamau, directeur exécutif de la Société de la Vie Sauvage d'Afrique de l'Est (EAWLS) a déclaré qu'il existe déjà des preuves claires que la faune et les habitats à travers le Kenya ont déjà subi les effets du changement climatique.

"Par exemple, il y a eu des morts massives de flamants roses dans le lac Nakuru (Parc national)", a déclaré Kamau à Xinhua samedi. Le Parc national du Lac Nakuru est l'un des parcs naturels importants au Kenya.

M. Kamau a noté que le changement climatique a affecté les habitats fauniques dans différentes parties du pays, causant une perturbation de leur vie normale.

"Pour la plupart des espèces, l'habitat devient moins approprié avec les précipitations irrégulières, les températures plus élevées, la sécheresse dans les zones humides et l'élévation du niveau de la mer", a déclaré le directeur exécutif de l'EAWLS.

La santé et la survie des animaux sauvages sont intimement liées à l'état des écosystèmes et des habitats qui les soutiennent, a-t-il dit. Par conséquent, toute légère altération des habitats et des écosystèmes affecte directement leur comportement et leur survie.

M. Kamau a souligné que les menaces du changement climatique sont très dangereuses pour la survie de la faune, car elles entraînent une réduction de la population des animaux sauvages de diverses façons.

Le changement climatique entraîne également une augmentation des incidents de conflits humains-faune, mettant en danger la vie sauvage, a-t-il dit.

"Par exemple, selon le Kenya Wildlife Service (KWS), la sécheresse a poussé les lions plus près des points d'eau limitrophes des établissements humains, augmentant la probabilité de conflits", a déclaré M. Kamau.

Les carnivores ont tué le bétail. En conséquence, les humains les tuent aussi pour se procurer de la nourriture et pour protéger le bétail, et par "représailles", a-t-il ajouté.

La sécheresse prolongée cause également des décès directs des animaux sauvages, à cause de la réduction des volumes d'eau et du fourrage, tel est le cas pour des décès des flamands roses au Parc national du lac Nakuru, a-t-il indiqué, en outre, les changements aux températures ont augmenté la réémergence et la propagation des maladies pour les animaux.

Les experts prédisent qu'un quart des animaux sauvages au Kenya seraient menacés d'extinction d'ici 2050 si les tendances de réchauffement se poursuivait au rythme actuel.

"Par exemple, selon le Kenya Wildlife Service, il y a moins de 2.000 lions africains au Kenya et il est prévu que le lion pourrait disparaître du pays dans les 20 prochaines années si aucune mesure urgente n'était prise pour faire face aux menaces", a-t-il dit.

Pour promouvoir la résilience de la faune dans la nature, M. Kamau a souligné l'importance d'aider les communautés locales à mieux s'adapter au changement climatique afin de soulager la pression sur les écosystèmes tributaires de la vie sauvage.

Il a proposé l'aide aux communautés locales pour qu'elles se lancent dans l'aviculture et l'apiculture comme sources de subsistance au lieu de dépendre des forêts pour le charbon de bois, et adoptent de bonnes pratiques agricoles et de l'énergie propre pour améliorer leurs moyens de subsistance.

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