Mercredi 23 Août 2017

Présidentielle au Kenya : la fête électorale gâchée par les accusations de fraude

Présidentielle au Kenya : la fête électorale gâchée par les accusations de fraude
(Le Monde 10/08/17)
Un policier anti émeute poursuivant des manifestants.

Le président sortant, Uhuru Kenyatta, est crédité de 54,28 % des suffrages. Son rival Raila Odinga parle de « fraudes monumentales ».
La fête est gâchée. Le Kenya s’était rendu paisiblement aux urnes, mardi 8 août, pour les élections générales. Une journée de vote jugée réussie, à laquelle a pris part une large majorité des 19 millions d’électeurs kényans. Mais alors que le comptage des voix progresse à grands pas, l’opposition, menée par le candidat à la présidentielle, Raila Odinga, conteste ouvertement les premiers résultats donnant M. Odinga largement perdant face au président sortant, Uhuru Kenyatta.

« Ce sont des fraudes d’une gravité monumentale. Il n’y a pas eu d’élections hier ! (…) C’est une attaque contre notre démocratie ! », a dénoncé, mercredi matin, M. Odinga, le ton grave et la mine des mauvais jours lors d’une conférence de presse à Nairobi.

Selon le chef de l’opposition, les premiers résultats partiels diffusés en ligne seraient en effet « fictifs et faux » car « manipulés » le jour même du vote par de mystérieux pirates informatiques. Ces derniers auraient réussi à infiltrer la base de données de la commission électorale (IEBC) grâce à des codes de Chris Msando, ancien responsable de la logistique informatique du scrutin, retrouvé assassiné fin juillet.
La police fait feu

Autant d’accusations énormes, démenties par l’IEBC – qui a reconnu que des tentatives de piratage de son système informatique avaient bien eu lieu, mais qu’elles avaient toutes échoué – et en totale contradiction avec l’avis de la quasi-totalité des experts présents dans le pays, qui ont jugé le scrutin de mardi plutôt transparent et de bonne tenue. Mais qu’importent les détails pour M. Odinga. Sur l’identité des « hackers », de même que sur leur mode opératoire ou sur l’origine de ses informations, le candidat à la présidentielle est resté mystérieux.

« La force du peuple est impossible à arrêter et Uhuru doit rentrer à la maison », a répété, comme pour s’en convaincre, le chef de l’opposition, devant ses lieutenants de campagne un peu mal à l’aise. Tel son colistier, Kalonzo Musyoka, fixant les coins de la pièce d’un regard gêné. Ou son directeur de campagne, Musalia Mudavadi, au physique de colosse et au naturel enjoué, gardant prudemment les mains derrière son dos. Comme pour s’excuser de ne plus y croire. Comme pour ne pas se salir les mains.

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