Mardi 24 Octobre 2017

Pourquoi un bain de sang reste (pour l’instant) peu probable au Kenya

Pourquoi un bain de sang reste (pour l’instant) peu probable au Kenya
(Le Monde 11/08/17)
L’opposition conteste avec véhémence les résultats provisoires divulgués.

La répétition des affrontements post-électoraux de 2007, qui avaient fait 1 200 morts, semble écartée.
En apparence, tout va mal au Kenya. L’opposition conteste avec véhémence les résultats provisoires divulgués par la commission électorale (IEBC) qui donne le président sortant Uhuru Kenyatta largement vainqueur du scrutin. Dans une conférence de presse, organisée jeudi 10 août, elle a continué à dénoncer des fraudes massives et exigé que son leader, Raila Odinga, soit déclaré vainqueur de l’élection et investi cinquième président du pays.

La déclaration a poussé dans les rues des milliers de Kényans enthousiastes, fêtant la victoire autoproclamée de leur champion. Le tout alors que des premiers affrontements avec la police auraient déjà fait quatre morts ces derniers jours, entre pneus brûlés, rues saccagées, supporteurs menaçants et policiers en armes prêts à répondre et à charger.

Pour de nombreux observateurs, tout cela commence furieusement à ressembler au scénario du pire : celui d’il y a dix ans. Dans un Kenya toujours traumatisé par les violences post-électorales de 2007-2008, qui avaient fait 1 200 morts et 600 000 déplacés, chacun craint un retour des massacres ethniques. Et beaucoup les croient déjà revenus.
Plus de rivalités entre tribus kikuyu et kalenjin

Il ne faut bien entendu rien exclure. Un déchaînement massif de violence est toujours possible. Mais au-delà des images diffusées en boucle par les chaînes d’information internationales, qu’en est-il réellement ? La sanglante pièce de 2007 est-elle vraiment en train d’être rejouée sur la scène du Kenya ? Ce pays de 48 millions d’habitants, parmi les plus développés du continent, s’apprête-t-il à se transformer en une gigantesque mare de sang ? Alors que des résultats officiels pourraient être annoncés sous peu, il est permis d’en douter. Et ce pour au moins quatre raisons.

Premièrement, parce que le « scénario 2007 » n’existe plus en l’état. En effet, l’immense majorité des violences avaient alors opposé les tribus kikuyu et kalenjin dans la vallée du Rift, où périrent les deux tiers des victimes des affrontements. Et c’est leur lutte à mort qui faillit alors faire exploser le pays. Or, ces deux groupes ethniques sont aujourd’hui rassemblés au sein du parti Jubilee, mené par Uhuru Kenyatta (lui-même kikuyu) et son vice-président William Ruto (leader des Kalenjin). Aucune violence n’a pour l’instant été rapportée entre les deux communautés. Pour le moment, la comparaison avec 2007 n’a donc tout simplement aucun sens.

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