Lundi 18 Décembre 2017

Les flux financiers illicites sapent les efforts de l'Afrique pour réaliser les ODD (ONU)

Les flux financiers illicites sapent les efforts de l'Afrique pour réaliser les ODD (ONU)
(Xinhua 12/10/17)
Aida Opoku-Mensah, conseiller spécial pour les ODD.

Les flux financiers illicites pourraient faire obstacle à l'Afrique dans sa quête pour réaliser les Objectifs de développement durable (ODD) pour l'horizon 2030, a déclaré mercredi une responsable des Nations unies.

Aida Opoku-Mensah, conseiller spécial pour les ODD auprès de la Commission économique pour l'Afrique, a déclaré à Xinhua à Nairobi que ce continent perdait environ 50 milliards de dollars par an en recettes fiscales siphonées en direction de comptes offshore.

"Cette perte de ressources continue sape les efforts de l'Afrique pour financer la réalisation des ODD", a dit Mme Opoku-Mensah lors de la cinquième conférence panafricaine sur les flux financiers illicites et la fiscalité en 2017.

Cet événement de deux jours rassemble des responsables politiques et des représentants de la société civile de tout le continent pour passer en revue les moyens de supprimer les flux financiers illicites en Afrique.

L'un des principes des ODD consiste à se fier aux ressources nationales et non à l'aide étrangère afin d'augmenter les chances de réaliser les objectifs.

Mme Opoku-Mensah a observé que les flux financiers illicites réduisaient les ressources de l'Afrique et privaient ainsi le continent d'une aide financière nécessaire pour remplir les 17 ODD.

L'UN-CEA a souligné que la plupart des flux financiers illicites étaient attribuables à des multinationales opérant en Afrique.

"Ces compagnies transnationales recourent aux prix de transfert, à la facturation frauduleuse, à l'évasion et à la fraude fiscale pour réduire le montant d'impôt qu'elles doivent dans les pays africains", a commenté Mme Opoku-Mensah.

Le secteur minier est le plus touché par les flux financiers illicites, a-t-elle observé.

"Cela est dû au fait que la plupart des contrats miniers sont passés en secret de sorte que le gouvernement n'obtient pas sa part légitime de droits et bénéfices (sur ces activités)", a-t-elle ajouté.

Les gouvernements africains peuvent éliminer les flux financiers illicites en renforçant leur administration fiscale afin de pouvoir détecter les cas d'évasion et de fraude fiscale, a fait valoir Mme Opoku-Mensah.

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