Dimanche 19 Novembre 2017

Kenya : l'opposition appelle au boycott des entreprises pro-gouvernementales

Kenya : l'opposition appelle au boycott des entreprises pro-gouvernementales
(La Tribune 07/11/17)
Des parlementaires du parti de l'opposition kényane, National Super Alliance (NASA), lors de la conférence de presse tenue le 3 novembre 2017 à Nairobi.

Les parlementaires proches du parti kényan de l'opposition, la Super alliance nationale (NASA) ont appelé, vendredi dernier, au boycott des produits fabriqués par les entreprises proches du parti au pouvoir. Avec cette démarche dans le bras de fer qui l'oppose au pouvoir, la NASA cherche à mettre davantage de pression dans sa quête de justice dans le système électoral et d'inclusion politique.

Le parti politique de Raila Odinga veut intensifier la pression sur le pouvoir de Nairobi. Dans un communiqué conjoint rendu public ce vendredi 3 novembre, les parlementaires de l'opposition proches du parti du leader de l'opposition kényane, Super alliance nationale (NASA), ont appelé leurs militants au boycott des produits fabriqués par les entreprises pro-gouvernementales.

«Aujourd'hui, nous lançons le programme de libération économique par un boycott ciblant les entreprises bénéficiant de leur proximité avec régime actuel», ont déclaré les députés, indiquant qu'ils sont «en possession d'une liste complète de compagnies, locales et mondiales, qui seront révélées à intervalles». Les trois premiers groupes économiques -et pas des moindres- ciblés par cet appel sont Safaricom, le géant des télécoms, Brookside Dairy, leader des produits laitiers en Afrique de l'Est, et le groupe d'agroalimentaire Bidco.

Soutenant les actions des parlementaires qui partagent sa vision, Raila Odinga qui avait annoncé le 31 octobre dernier la formation d'un mouvement national pour faire pression sur le gouvernement kényan, a expliqué que toutes ces manœuvres ont pour objectif de maintenir la pression sur les autorités gouvernementales afin d'exiger davantage de justice dans le système électoral et l'inclusion politique. Le leader de l'opposition kényane a en outre confié qu'il fera également recours aux moyens constitutionnels et non-violents pour faire avancer sa cause.

Contrairement à ce que l'on pourrait penser, la crise politique au Kenya et qui a commencé avec l'annulation par la Cour suprême des résultats de l'élection présidentielle n'est pas arrivée à son épilogue. Les élections du 26 octobre dernier, qui ont enregistré la victoire du président sortant Uhuru Kenyatta, n'ont fait qu'envenimer la situation. Aujourd'hui avec ce nouvel appel au boycott économique, certains observateurs s'inquiètent déjà d'une aggravation de la polarisation politique dans le pays, avec à la clé une plongée économique.

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