Lundi 11 Décembre 2017

Kenya: les sociétés d'assurance cotées réalisent un rendement sur le capital en légère hausse, malgré un contexte difficile

Kenya: les sociétés d'assurance cotées réalisent un rendement sur le capital en légère hausse, malgré un contexte difficile
(Agence Ecofin 17/10/17)

Les 6 sociétés d’assurance cotées sur le Nairobi Securities Exchange, le marché financier kényan, ont réalisé collectivement un rendement moyen sur les capitaux de 10,9% au terme du premier semestre 2017, apprend-on des analystes du secteur dans ce pays. Cette performance qui s'inscrit en hausse de près de 2 points, en comparaison aux 9% de rendement moyen sur les capitaux, réalisé à la même période en 2016.

Globalement, ces entreprises ont bénéficié des retombés de la diversification des sources de revenus, avec la conception et la distribution de nouveaux produits, comme par exemple la bancassurance. Une classe moyenne en constante évolution et le recours aux TIC pour la distribution et la collecte des primes font que leurs primes nettes (primes d’assurance moins les affectations de réassurance) ont globalement évolué de 12,8%.

Mais en dépit de ces signaux positifs, les sociétés d’assurance cotées au Kenya ont du mal à dégager une rentabilité suffisante. Leurs performances sont plombées par un niveau toujours élevé du ratio de perte (niveau des sinistres réglés sur primes brutes) qui a même progressé à 72,7% contre 66,4% au premier semestre 2016. Enfin les charges d’exploitation de ces entreprises, ont atteint leur niveau moyen le plus important des six dernières années avec un ratio de 56,9%.

Le secteur sera à suivre tout au long du deuxième trimestre. Sur le marché financier kényan, les sociétés de la branche affichent un des plus faibles ratios de bénéfice sur valeur de l’action (1,1x). Cela qui offre des opportunités de croissance de la plus-value boursière pour des personnes souhaitant investir sur le long terme.

Mais les analystes invitent à la prudence. Le niveau de pénétration des assurances demeure assez faible au Kenya (2,8%), et les chances de voir la situation s’améliorer de manière brusque sont assez faible, selon les experts. Comme c’est le cas dans plusieurs pays africains, le revenu des ménages, même ceux de la classe moyenne, sont très souvent totalement affectés à la gestion des dépenses quotidiennes.

Enfin, même si les autorités de régulation ont adopté le principe de la licence unique, réduisant les charges de ces sociétés, l’introduction en 2016 d’une mesure faisant du risque, même potentiel, la base d’évaluation de la solvabilité, va imposer à ces entreprises des augmentations de capital ou alors de fusionner, toute choses qui sont suivies de près par les investisseurs boursiers.

Idriss Linge

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