Au Kenya, le Net pour le meilleur mais aussi pour le pire | Africatime
Lundi 24 Avril 2017

Au Kenya, le Net pour le meilleur mais aussi pour le pire

Au Kenya, le Net pour le meilleur mais aussi pour le pire
(Le Monde 07/04/17)

En ouvrant l’accès à Internet, les smartphones changent la vie des plus pauvres. Mais une étude montre que, sans formation, ils peuvent aussi être un outil d’asservissement.

C’est devenu un cliché : dans les pays en développement, notamment en Afrique, le téléphone portable est à l’origine d’une révolution numérique. En ouvrant l’accès à Internet, aux services bancaires, à l’information, à l’éducation ou à l’économie, les smartphones transforment radicalement la vie des habitants les plus pauvres.

Pour autant, le mobile est loin d’être une baguette magique qui aplanit les inégalités. C’est l’une des lectures que l’on peut faire d’une très complète étude récemment publiée sur les primo-accédants à Internet, menée au Kenya par la fondation Bill et Melinda ­Gates et la fondation Mozilla.
Contexte social

Les chercheurs ont suivi pendant plusieurs années le parcours de 160 individus ayant acquis pour la première fois un téléphone connecté à Internet, qu’ils vivent à la ville ou à la campagne, qu’ils soient très pauvres ou non, colporteurs d’eau, vendeurs ou professeurs. Les résultats sont très loin d’un « technoptimisme » béat.

« Sans formation appropriée, l’adoption du smartphone peut empirer des problèmes sociaux et financiers existants », résument Laura de Reynal et Bobby Richter, rapporteurs de cette étude à la fondation Mozilla.

Car l’usage du téléphone n’est pas « neutre », et s’inscrit dans un contexte social. Ainsi, les femmes voient beaucoup plus fréquemment leur usage du mobile contrôlé par les hommes que l’inverse ; le fait de parler anglais ou swahili ne donne pas accès aux mêmes sites ; et le smartphone est souvent le bien le plus précieux que possèdent les personnes suivies.
Addiction au jeu et arnaques

Des évidences ? Peut-être. Mais l’étude met aussi en lumière la face sombre du déploiement anarchique et à grande échelle de l’Internet mobile. Là où des acteurs aussi divers que la Banque mondiale, Facebook ou les gouvernements africains considèrent que le taux de couverture et le taux de pénétration du mobile dans un pays constituent un élément clé de son développement à venir,...

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