Mardi 27 Juin 2017

Guinée équatoriale: des sites d'information et Facebook suspendus depuis 4 ans

Guinée équatoriale: des sites d'information et Facebook suspendus depuis 4 ans
(AFP 04/05/17)

L'accès à certains sites d'information, d'opinion et de réseaux sociaux dont Facebook est toujours interdit en Guinée équatoriale depuis près de 4 ans, constate l'AFP mercredi, journée internationale de la liberté de la presse.

Un virus informatique, selon les autorités équato-guinéennes, aurait été responsable de ces blocages sélectifs, survenus pour la plupart le 10 mai 2013, peu de temps après l'annonce d'une marche d'étudiants et à 16 jours d'élections législatives,

"Un des fournisseurs de services internet a été piraté depuis l'extérieur", indiquait alors un communiqué officiel en mai 2013.

Les sites du parti présidentiel et du gouvernement, qui contrôle deux chaînes de télévision et deux radios, sont quant à eux accessibles toujours accessibles dans ce pays dirigé par le président Teodoro Obiang, au pouvoir depuis plus de 37 ans, et qui se place 171e sur 180 au classement 2017 sur la liberté de la presse de Reporters sans frontières (RSF).

Les pages web du journal espagnol "El Pais", du site d'information "Diario Rombe", de blogs et les sites des principaux partis d'opposition, sont notamment interdits d'accès.

"Ceci témoigne de la violation constante et systématique des droits de l'homme et de la liberté de presse et de l'information en Guinée équatoriale", estime Andres Esono Ondo, secrétaire général du parti d'opposition Convergence pour la démocratie sociale (CPDS), joint par l'AFP et dont le site est bloqué depuis 2013.

"Les journalistes ne peuvent pas travailler librement en Guinée équatoriale; même les journalistes étrangers ont du mal à entrer dans le pays", selon Clea Kahn-Sriber, responsable du bureau Afrique à RSF.

Lorsque des reporters étrangers obtiennent un visa d'entrée, ils risquent d'être "ramenés à la frontière", ajoute-t-Mme Kahn-Sriber, prenant pour exemple les journalistes du quotidien britannique "Financial Times", venus en janvier 2014 pour un reportage et qui ont vu leur équipement saisi avant d'être forcés de reprendre l'avion.

Aucun journaliste n’est en prison en Guinée équatoriale, selon les informations disponibles de l'AFP, mais les professionnels de l'information, tout comme les acteurs de la société civile, subissent des pressions et des menaces fréquentes.

A l’occasion de la journée mondiale de la liberté de la presse célébrée ce mercredi 3 mai, le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a appelé à la protection des journalistes et à cesser "toutes les formes de répression" à leur encontre.

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