Lundi 24 Juillet 2017

Guinée Equatoriale: Les atermoiements de la libre circulation

Guinée Equatoriale: Les atermoiements de la libre circulation
(237online 18/03/17)

Pour les opérateurs économiques, la fermeture des frontières qui persiste dans la sous-région malgré les différentes promesses des chefs d’Etat est un réel manque à gagner pour les économies.
La décision de la Guinée Equatoriale d’ouvrir partiellement ses frontières, notamment aux diplomates et autres citoyens détenant des passeports officiels n’a pas été bien accueillie par les opérateurs économiques Camerounais. Pour eux, on est encore très loin de la libre circulation. « Avec cette décision, on ne peut pas parler de libre circulation. Les engagements pris lors du sommet des chefs d’Etat n’ont pas encore été respectés. Notre souhait est qu’aller et venir entre ce pays et les autres d’Afrique centrale soit vraiment effectif. On doit ouvrir les frontières à la population et non seulement à une petite poignée de personnes », tranche Dieudonne Tietse, directeur général de Paness. « Ces diplomates et autres concernés par cette décision représentent quel pourcentage au Cameroun, notamment sur une population d’environ 23 millions d’habitants. Je pense que c’est de la poudre aux yeux. C’est un épiphénomène. Surtout que ces personnes concernées n’ont

pas de difficulté à obtenir un
visa. Cette décision fait partie de la liste des incongruités des décisions prises dans notre sous-région », s’est indignée Alice Maguedjio, présidente Syndicats des commerçants et détaillants du Wouri (Sycodew). Par ailleurs, les opérateurs économiques ne comprennent pas qu’aujourd’hui, les frontières restent fermées dans la zone Cemac notamment dans un contexte de crise économique. « Nous avons un marché de consommateurs assez réduit qui est d’environ 60 millions de consommateurs dans la sous-région. Avec ce marché aussi réduit, on ne peut même pas compétir avec des pays comme le Nigeria qui ont une part de marché assez élevée. Et avec la crise économique aujourd’hui, il était important que les pays de la Cemac mutualisent leurs efforts, qu’ils travaillent en synergie pour mettre en place un cadre qui va encourager les partenariats entre les opérateurs économiques. Comment peut-on parler d’intégration sous-régionale quand les frontières ne sont pas ouvertes », s’interroge Dieudonne Tietse. Pour lui, comme
pour les autres, il est clair que cette fermeture des frontières impacte lourdement sur les économies de la sous-région. « J’ai par exemple une entreprise au Gabon, mais je ne peux pas me lever du jour au lendemain pour aller résoudre un problème ponctuel dans ce pays voisin. Il me faut demander le visa avant toute chose. Ce qui peut créer un grand manque à gagner pour moi et mon entreprise. Je ne peux même pas aujourd’hui quantifier ce que j’ai déjà perdu à cause de cette fermeture des frontières », affirme-t-il. « J’ai perdu plusieurs contrats dans la sous-région à cause de cette fermeture des frontières. Cette fermeture réduit les débouchés et réduit les parts de marché. Ça peut être une source d’inflation dans les pays qui sont les moins pourvoyeurs de produits. Ça réduit le volume des échanges entre les pays de la sous-région », souligne Cyril Nono, chef d’entreprise. Au vu de ces pertes pour l’économie, il va sans dire qu’il est aujourd’hui temps que la zone Cemac prenne exemple sur les régions qui ont ouvert leurs frontières. Notamment, l’Union économique et monétaire d’Afrique de l’Ouest (UEMOA), où la libre circulation des biens et des personnes est bel et bien effective. Pour aller au Sénégal, pas besoin pour un Béninois de solliciter un visa. La pièce d’identité est suffisante.

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