Mardi 23 Mai 2017

Exclusif : le jour où le franc CFA d’Afrique centrale a failli être dévalué

Exclusif : le jour où le franc CFA d’Afrique centrale a failli être dévalué
(Jeune Afrique 10/01/17)
La Directrice Générale du Fonds Monétaire International (FMI), Christine lagarde et le président camerounais Paul Biya au Palais de l’Unité le jeudi 07 janvier 2016

Invités extérieurs et surprises du sommet extraordinaire de la Cemac, le 23 décembre, la patronne du FMI, Christine Lagarde, et le ministre français de l’Économie et des Finances, Michel Sapin, s’y sont rendus avec une option de dévaluation du franc CFA d’Afrique centrale, a appris Jeune Afrique dans son numéro 2922, en kiosques du 8 au 14 janvier.

Mais pourquoi diable, le 23 décembre, à la sortie de leur sommet extraordinaire, les chefs d’État de la Cemac, du Cameroun, du Tchad, du Congo-Brazzaville, du Gabon, de la Guinée équatoriale et de la Centrafrique, ont-ils pris la peine d’évacuer « un réajustement de la parité monétaire actuelle » au premier des 21 points de leur communiqué final ? En clair, de dire niet à une dévaluation du F CFA d’Afrique centrale.

Pour la simple raison, qu’elle figurait en bonne place dans les raisons du déplacement en binôme de la patronne du FMI, Christine Lagarde, et du ministre français de l’Économie et des Finances, Michel Sapin. Invités extérieurs à ce conclave, Christine Lagarde et Michel Sapin s’y sont rendus avec, dans leurs bagages, une option de dévaluation du franc CFA d’Afrique centrale, celui d’Afrique de l’Ouest étant considéré comme sain, a appris Jeune Afrique dans son numéro 2922 en kiosques du 8 au 14 janvier [disponible ici en version digitale].

Comme le dit un des participants, « ce jour-là, nous sommes passés à deux doigts d’une dévaluation ». Une possibilité évoquée explicitement par Lagarde devant les chefs d’État africains : « Vos réserves de change ne couvrent plus que deux mois d’importations, ce qui est incompatible avec une zone monétaire à taux de change fixe. Vos perspectives sont mauvaises, la zone Cemac se dirige vers une crise encore plus sérieuse, la dévaluation n’est pas à écarter. »

Comme monnaie d’échange aux « négociations bilatérales » que les pays d’Afrique centrale sont convenus, au point 13 de leur communiqué final, « d’ouvrir et de conclure à brève échéance » avec le FMI ?

En tout cas, les chefs d’État ont refusé ce coup de poignard à la veille de Noël, faisant figurer leur refus en tête de chapitre. Mais l’épée de Damoclès est bien là, et elle restera suspendue toute l’année 2017 au-dessus de leur tête. D’autant plus que, techniquement, rien ne s’oppose à la dévaluation de la monnaie du seul bloc monétaire d’Afrique centrale.

Et a fortiori dans un contexte de fronde anti-CFA qui ne mollit pas. Pas plus tard que ce samedi 7 janvier, une journée de mobilisation contre l’ex-franc des colonies françaises d’Afrique devait mobiliser de Paris à Dakar en passant par Abidjan, Ouidah, Londres et Bruxelles, selon l’essayiste franco-béninois Kemi Seba et son ONG nouvellement créée, Urgences panafricanistes, qui avaient pris l’initiative de ces rassemblements.

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