Samedi 25 Novembre 2017

Biens mal acquis": les juges français ont terminé leur enquête sur le patrimoine du clan Bongo

Biens mal acquis": les juges français ont terminé leur enquête sur le patrimoine du clan Bongo
(AFP 31/08/17)
Les juges français en charge de l'affaire des "biens mal acquis" ont terminé leurs investigations sur le patrimoine considérable en France de membres du clan de feu Omar Bongo, l'ancien chef de l'État gabonais, dont aucun n'a été mis en examen.

Les juges français en charge de l'affaire des "biens mal acquis" ont terminé leurs investigations sur le patrimoine considérable en France de membres du clan de feu Omar Bongo, l'ancien chef de l'État gabonais, dont aucun n'a été mis en examen, a-t-on appris mercredi de sources proches du dossier.

Depuis 2010, la justice française cherche à savoir si les fortunes de plusieurs familles présidentielles africaines ont pu être bâties en France grâce à des fonds publics détournés de leurs pays.

Cette vaste enquête dite des "biens mal acquis" a débouché sur un premier procès à Paris, celui de Teodorin Obiang, fils du président de Guinée équatoriale et actuel vice-président du pays, qui sera fixé sur son sort le 27 octobre.

Dans le volet gabonais, les enquêteurs ont ordonné en 2016 la saisie d'une société civile immobilière, la SCI Émeraude, propriétaire d'une villa à Nice, sur la riviera française, et d'un hôtel particulier à Paris.

Selon un document de 2009 de l'ONG anticorruption Transparency international, partie civile dans l'enquête, la famille Bongo et ses proches possédaient à l'époque "33 propriétés, la plupart dans les quartiers les plus chics de Paris, les autres sur la Côte d'Azur" (sud-est). Les actifs identifiés atteindraient plusieurs centaines de millions d'euros, mais les contours de l'héritage d'Omar Bongo sont encore mal cernés.

Selon l'enquête, Omar Bongo, son épouse Edith, également décédée, et Pascaline Bongo, une des filles de l'ex-chef de l'État, en ont détenu des parts et la gérante française de cette société a été mise en examen mais aucun membre du clan Bongo n'a été poursuivi, selon une source proche du dossier.

Au cours de l'enquête, l'avocat de Transparency international William Bourdon a notamment demandé l'audition de plusieurs membres du clan familial.

D'après les investigations, Pascaline Bongo serait propriétaire de trois appartements à Paris, de plusieurs véhicules de luxe acquis en France, et aurait acheté pour près d'1,38 million d'euros de montres et bijoux entre 2006 et 2007. Les enquêteurs s'interrogent aussi sur de possibles liens entre l'actuel président de la République Ali Bongo et une société suisse, Achimmob, notamment propriétaire d'un hôtel particulier à Paris.

Il appartiendra au parquet national financier (PNF) de prendre ses réquisitions, puis aux juges d'instruction de décider d'ordonner ou non un procès.

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