Vendredi 22 Septembre 2017

Aucun facteur ne plaide pour un ajustement monétaire du FCFA, (gouverneur de la BEAC)

Aucun facteur ne plaide pour un ajustement monétaire du FCFA, (gouverneur de la BEAC)
(APA 24/08/17)
Le gouverneur de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), Abbas Mahamat Tolli (G)

APA-Yaoundé (Cameroun) - Le gouverneur de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), Abbas Mahamat Tolli, a affirmé qu’«aucun facteur ne plaide (…) aujourd’hui pour un ajustement monétaire» du FCFA.

Dans une tribune publiée jeudi par la Lettre de la recherche, le magazine de l’Institut d’émission, il explique que les performances économiques, monétaires et financières de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) ont certes été négativement affectées au cours des 3 dernières années, mais que les mesures prises et en cours ont permis d’accroitre la résilience de la sous-région.

Le souvenir de la dévaluation du FCFA de janvier 1994 reste encore vivace dans la mémoire des agents économiques, mais la situation économique actuelle dans la CEMAC est, selon lui, «bien différente de celle qui a prévalu à la veille de la dévaluation de 1994».

Et de dénoncer les auteurs d’informations annonçant une dévaluation imminente du FCFA, qui «ignorent cependant que ces rumeurs peuvent négativement affecter l’activité économique dans la CEMAC et amener les agents économiques et les investisseurs à reporter leurs décisions d’investissement ou à effectuer des sorties frauduleuses de devises».

En termes de grands axes de la transformation profonde des économies sous-régionales, Abbas Mahamat Tolli cite notamment l’intensification des efforts de diversification des bases productives et d’exportation, l’accélération des réformes structurelles, le renforcement des infrastructures de base, l’amélioration du climat des affaires et la promotion du secteur privé.

Le gouverneur de la BEAC se réjouit aussi du renforcement de l’intégration économique régionale, à travers la promotion du commerce intra-régional, la libre circulation des capitaux, des biens et des personnes, l’harmonisation des politiques sectorielles et l’accélération du Programme économique régional (PER), les programmes de redressement conclus avec le Fonds monétaire international (FMI), le renforcement de la surveillance multilatérale et l’unification des deux bourses des valeurs mobilières de Libreville (Gabon, BVMAC) et de Douala (Cameroun, DSX).

A titre d’exemple : les dépenses publiques en capital sont revenues de près de 7000 milliards FCFA en 2014 (13,8 % du PIB) à 4134 milliards FCFA en 2016 (9,3 % du PIB), soit une baisse de plus de 40%, un ajustement qui devrait être encore plus prononcé en 2017, avec les dépenses en capital revenant à près de 3000 milliards FCFA (6,7 % du PIB).

«Bien que la situation actuelle dans la CEMAC soit difficile, la réaction rapide, vigoureuse et coordonnée des autorités sous-régionales a permis de limiter la dégradation des agrégats macroéconomiques, repoussant ainsi les risques d’un ajustement monétaire.»

Moyennant ces efforts, en particulier dans le cadre du Programme de réformes économiques et financières (PREF-CEMAC) et des programmes conclus avec le FMI, les pays de la sous-région pourront tirer pleinement parti du régime de change en vigueur, dans leur quête pour l’émergence et le développement.

Abbas Mahamat Tolli se veut d’autant plus catégorique que, selon les études menées, les régimes alternatifs ne présentent pas un avantage comparatif décisif pour les pays de la CEMAC.

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