Samedi 27 Mai 2017

Crise politique en Guinée-Bissau : le président Condé tente de relancer le dialogue entre acteurs politiques

Crise politique en Guinée-Bissau : le président Condé tente de relancer le dialogue entre acteurs politiques
(Xinhua 10/03/17)

BISSAU, (Xinhua) -- Le président de la Guinée-Conakry Alpha Condé, médiateur de la crise bissau-guinéenne, a pris une nouvelle initiative pour relancer le dialogue entre les acteurs politiques de la Guinée-Bissau, afin de trouver une solution à l'impasse politique qui sévit dans ce pays depuis près de deux ans, a annoncé jeudi une source officielle.

Cette initiative a été rendue publique jeudi à Bissau par son envoyé spécial, Naby Kiridi Bangoura, à la sortie d'une audience avec le chef de l'Etat bissau-guinéen, José Mario Vaz.

Dans un communiqué, M. Bangoura a indiqué qu'il a remis au président Vaz une lettre du président Condé l'informant des lignes directrices de l'initiative.

Interrogé par la presse sur la réaction du président Vaz, l'envoyé spécial a déclaré que le chef de l'Etat a réitéré sa volonté d'être impliqué personnellement dans le processus de recherche d'une solution à la crise.

"Actuellement, nous nous concentrons sur le dialogue entre le PAIGC, le Groupe des 15 (députés dissidents du PAIGC), le PRS et les trois autres partis politiques ayant des sièges au Parlement, et comment la classe politique peut être réunie pour parler à nouveau et trouver une solution pour mettre fin à la crise", a-t-il toutefois précisé

Interrogé sur la possibilité de trouver une solution en dehors de l'accord de Conakry, l'envoyé spécial du président Alpha Condé souligné que l'ensemble de la communauté internationale a confirmé que "l'accord Conakry est le seul chemin pour s'engager dans la résolution de la crise bissau-guinéenne".

Cet accord, signé en octobre dernier par les acteurs politiques, préconise la nomination d'un Premier ministre de consensus et la formation d'un gouvernement inclusif. Mais, il n'a pas été respecté par le président Vaz qui a nommé le 16 novembre Umaro Sissoco Embalo aux fonctions de Premier ministre, sans l'aval du PAIGC (parti majoritaire) qui a rejeté ce choix, entraînant une persistance de la crise.

Au sujet de la date d'une nouvelle rencontre avec les acteurs politiques, M. Bangoura a déclaré qu'elle sera fixée en accord avec les acteurs eux-mêmes et les facilitateurs du processus.

Selon des sources informées, les partis représentés au Parlement doivent se rendre de nouveau demain, vendredi 10 mars, à Conakry pour une nouvelle phase des négociations.

Alors que la nouvelle initiative n'est pas encore sur pied, le Premier ministre Umaro Sissoco Embalo a rejeté jeudi toute pression visant à l'écarter du pouvoir.

Réagissant aux récentes déclarations du président de la Commission de la CEDEAO, Marcel de Souza, qui avait relevé que les accords de Conakry ne sont pas respectés, M. Sissoco Embalo a affirmé qu'il ne démissionnera pas et qu'il restera au pouvoir jusqu'à la fin de cette législature en 2018. Il a averti qu'il ne tolérera pas la pression exercée par le président guinéen Alpha Condé, qui avait appelé au respect des accords de Conakry.

"Je serai le dernier Premier ministre du président José Mario Vaz au cours de cette législature", a-t-il déclaré.

Dans une interview accordée à une radio internationale, Marcel de Souza a annoncé que la CEDEAO envisage le retrait, en avril, de ses troupes (543 hommes) de Guinée-Bissau, dans le cadre de sa stratégie pour obliger le président bissau-guinéen à appliquer les accords. Ces troupes avaient été envoyées pour aider à stabiliser le pays suite à un coup d'Etat militaire de 2014.

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