Pêche illégale: quatre bateaux arraisonnés en Guinée-Bissau | Africatime
Samedi 29 Avril 2017

Pêche illégale: quatre bateaux arraisonnés en Guinée-Bissau

Pêche illégale: quatre bateaux arraisonnés en Guinée-Bissau
(AFP 29/03/17)
Photo d'illustration

Quatre bateaux étrangers pris en flagrant délit de pêche illicite au large de la Guinée-Bissau ont été arraisonnés en l'espace de quelques jours avec l'aide de Greenpeace, a annoncé l'ONG mercredi.

Le président bissau-guinéen José Mario Vaz, qui a visité mardi le navire de Greenpeace "My Esperanza" engagé dans l'opération, a qualifié de "grave" ce phénomène de captation des ressources de ce pays pauvre, dans une déclaration aux journalistes.

"Avec les recettes de ces navires pratiquant la pêche illégale dans nos eaux, nous pourrions construire 90 écoles, des hôpitaux, des routes et résoudre beaucoup de problèmes", a-t-il dit, en référence à l'estimation de 90 navires en infraction en Guinée-Bissau avancée par l'ONG.

L'opération, menée avec des agents du département bissau-guinéen de surveillance des pêches, a permis de repérer huit navires en infraction en l'espace de quelques jours, a indiqué à M. Vaz le chef de projet à bord du "My Esperanza", Pavel Klinckhamers.

"Le fait que nous ayons mis la main sur autant de navires en cinq jours seulement confirme la situation alarmante qui prévaut dans les eaux ouest-africaines, digne d'un Far-West", a souligné Pavel Klinckhamers, cité dans un communiqué de Greenpeace.

"Les compagnies de pêche et leurs navires ont simplement pris l'habitude de profiter de la faiblesse de la capacité de la Guinée-Bissau à assurer une surveillance complète de sa zone économique exclusive (ZEE)", a-t-il expliqué.

Le 21 mars, trois navires battant pavillon chinois appartenant à la même entreprise, Dalian Zhangzidao Yi Feng Aquatic Product Company Ltd, ont été identifiés et l'un d'entre eux a été "arraisonné et conduit au port tandis que les deux autres ont réussi à s'échapper", selon le texte.

Un autre navire chinois, déjà sanctionné par une amende pour usage de filets prohibés en septembre 2016, a été arraisonné le 24 mars au large de l'archipel des Bijagos et conduit au port pour payer une amende, a ajouté l'ONG.

Le 22 mars, un autre navire battant pavillon comorien a été surpris en train d'effectuer un transbordement en pleine mer au profit de trois autres bateaux, également sous pavillon comorien, a souligné Greenpeace, précisant que deux des quatre bâtiments impliqués dans cette activité prohibée avaient été escortés au port.

L'ONG a remis aux autorités bissau-guinéennes deux vedettes de 17 mètres de long, de fabrication espagnole, équipées d'un radar par satellite, pour combattre la pêche illégale.

La pêche illégale, non réglementée et non déclarée en Afrique de l'Ouest, dite pêche INN, contribuerait à réduire de 300.000 le nombre d'emplois dans le secteur de la pêche artisanale, rappelle-t-elle.

"De 2010 à 2016, la Mauritanie, le Sénégal, la Gambie, la Guinée-Bissau, la Guinée et la Sierra Leone ont perdu environ 2,3 milliards de dollars (plus de 2,1 milliard EUR) par an en chiffre d'affaires" à cause de ce phénomène, selon la même source.

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