Dimanche 20 Août 2017

Crise politique en Guinée-Bissau : le leader du parti PAIGC demande l'intervention de l'ONU

Crise politique en Guinée-Bissau : le leader du parti PAIGC demande l'intervention de l'ONU
(Xinhua 15/02/17)
Domingos Simoes Pereira, président du Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC)

BISSAU, (Xinhua) -- Domingos Simoes Pereira, président du Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC), a demandé mardi l'intervention des Nations Unies pour régler la crise politique qui règne depuis 18 mois en Guinée-Bissau avant qu'il ne soit tard.

Souhaitant l'intervention de la communauté internationale pour un retour à la normalité constitutionnelle, comme elle l'a fait en Gambie, il a accusé le président bissau-guinéen José Mario Vaz d'avoir presque détruit la législature en cours en ne respectant pas la Constitution, ni l'accord de sortie de crise conclu entre les parties à Conakry.

Selon celui-ci, le chef de l'Etat doit nommer un Premier ministre de consensus. Mais il a passé outre en nommant Umaro Sissoco Embalo sans l'accord du PAIGC, qui est majoritaire à l'Assemblée nationale.

M. Pereira, ancien Premier ministre dont le limogeage en août 2015 avait ouvert la crise en Guinée-Bissau, a également accusé le président Vaz d'encourager l'immixtion de l'armée dans les affaires politiques.

De son côté, le président Vaz a accusé lundi l'Assemblée nationale de bloquer le fonctionnement normal du pays par son refus de permettre la discussion du programme du gouvernement.

Pour le chef de l'Etat, il n'y a pas de problème militaire dans le pays, mais "une crise imminente politico-institutionnelle" alimentée par le Parlement qui refuse de permettre l'examen du programme de gouvernance du pays.

Depuis août 2015, les quatre gouvernements qu'il a formés n'ont pas pu présenter leur programme et le budget de l'Etat devant l'Assemblée nationale.

Par ailleurs, le chef du Parti de la convergence démocratique (PCD, opposition), Vicente Fernandes, a déclaré à Bissau qu'il regrettait d'avoir soutenu la candidature de José Mario Vaz à l'élection présidentielle de 2014.

Dans un communiqué, Marcel de Souza, président de la Commission de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), a souligné mardi à Praia l'urgence de trouver une solution pour la stabilité en Guinée-Bissau.

La situation dans ce pays "reste complexe", a reconnu M. de Souza qui effectue sa première visite au Cap-Vert. Il a fait remarquer que l'accord signé en octobre à Conakry "n'est pas en train d'être appliqué" et s'est déclaré préoccupé par la non approbation du programme de gouvernement et du budget de l'Etat par le Parlement.

"En 2016, il n'y avait pas de budget. En 2017, il n'y a pas de programme, ni de budget et la situation devient complexe et augmente la tension", a-t-il affirmé, appelant à trouver une solution urgente.

Pour sa part, le ministre capverdien des Affaires étrangères, Luis Filipe Tavares, a souligné la nécessité de travailler à mettre en œuvre l'accord de Conakry.

"La CEDEAO ne renoncera pas. C'est un problème difficile, très complexe, mais elle est déterminée à trouver une solution et le Cap-Vert continuera d'aider afin que la Guinée-Bissau puisse sortir de cette crise qui dure depuis longtemps", a déclaré M. Tavares.

Compte tenu du contexte incertain et pour faire face au départ annoncé de la force militaire de stabilisation de la CEDEAO (ECOMIB), prévu le 30 juin, l'ONU a annoncé qu'elle allait travailler avec tous les partenaires pour veiller à ce que ce départ "ne se traduise pas par un vide qui conduit à l'instabilité".

L'ECOMIB est composée d'éléments de pays d'Afrique de l'Ouest et a été envoyée en Guinée-Bissau après le coup d'Etat militaire de 2012, dirigé par le chef d'état-major général des armées, Antonio Indjai, qui a renversé le régime de Carlos Gomes Jr.

La crise politique en Guinée-Bissau a été examinée lundi par le Comité de paix et de sécurité de l'Union africaine et doit l'être à nouveau ce mercredi par le Conseil de sécurité des Nations Unies.

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