Jeudi 26 Avril 2018

Bissau: des opposants au président Vaz manifestent pour soutenir les sanctions de la Cédéao

Bissau: des opposants au président Vaz manifestent pour soutenir les sanctions de la Cédéao
(AFP 05/03/18)
Photo d'archives

Une centaine d'opposants au président José Mario Vaz ont manifesté dimanche à Bissau pour soutenir les sanctions de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao) contre 19 personnalités bissau-guinéennes pour non-respect d'un accord de sortie de crise politique, a constaté un correspondant de l'AFP.

Ils se sont rassemblés devant les bureaux de l'organisation régionale à Bissau à l'appel d'un groupe d'activistes de la société civile dénommé les "Citoyens conscients et anti conformistes", deux semaines après une manifestation de milliers de partisans du président Vaz, qui avaient pour leur part dénoncé ces sanctions.

"Nous sommes très satisfaits des sanctions, qui ne doivent pas s'arrêter au fils du président, principal responsable de cette crise que nous vivons depuis deux ans. Lui aussi doit aussi être sanctionné", a déclaré à l'AFP l'un des organisateurs du rassemblement, Sumaila Djalo.

La Cédéao a annoncé le 1er février des sanctions prévoyant une interdiction de voyager dans l'espace régional et le gel des comptes bancaires contre des personnes accusées de bloquer l'accord de sortie de crise en Guinée-Bissau.

Ces sanctions concernent 14 députés --huit frondeurs du Parti africain pour l'indépendance de la Guinée-Bissau (PAIGC, au pouvoir) et six du Parti de la rénovation sociale (PRS), deuxième formation parlementaire-- ainsi que cinq proches de M. Vaz, dont son fils, Emerson Vaz.

Les manifestants scandaient des slogans tels que "Jomav (José Mario Vaz) dégage", "Le peuple n'est pas une poubelle", "A bas la dictature" ou encore "Vive les sanctions, qui mettent fin à l'intimidation".

Le rassemblement, encadré par un dispositif policier, s'est achevé sans incident après que les manifestant eurent remis une pétition au représentant de la Cédéao à Bissau.

Plus d'un mois après la nomination d'un nouveau Premier ministre, la Guinée Bissau n'a toujours pas de gouvernement et les législatives prévues en mai ne devraient maintenant pas avoir lieu avant novembre.

A la grande inquiétude de l'ONU, l'ancienne colonie portugaise traverse des turbulences politiques depuis la destitution en août 2015 par le président Vaz de son Premier ministre, Domingos Simoes Pereira, chef du Parti africain pour l'indépendance de la Guinée-Bissau (PAIGC), dont M. Vaz est également membre.

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