Samedi 18 Novembre 2017

« Nous sommes toujours de l'opposition républicaine »

« Nous sommes toujours de l'opposition républicaine »
(Guinee Actu 15/07/17)
Aboubacar Sylla, président de l'Union des forces du changement (UFC) et porte-parole de l'opposition républicaine

Aboubacar Sylla, président de l'Union des forces du changement (UFC) et porte-parole de l'opposition républicaine a tenu à rétablir les faits suite à la fâcherie provoquée par la mise en place du FAD (Front pour l'alternance démocratique), qui regroupe 3 formations politiques de l'opposition, dont l'UFC. Dans cet entretien accordé à nos confrères de la radio Lynx FM, Aboubacar Sylla insiste et persiste que les membres du FAD restent et demeurent membres à part entière de l'opposition républicaine.

Parlez-nous de l'état des lieux des travaux du comité de suivi des accords politiques du 12 Octobre 2016…

Permettez-moi de faire quelques petits rectificatifs sur l'introduction que vous avez faite, dès le début. Vous avez dit quelque part que nous avons quitté le navire en tant que Front pour l'alternance démocratique. Nous disons non, nous n'avons quitté aucun navire, nous sommes toujours de l'opposition républicaine, qui est elle-même de l'opposition plurielle, qui s'oppose par les moyens légaux au pouvoir actuellement en place. La deuxième chose que j'appellerai contrevérité, vous avez dit ex porte-parole de l'opposition républicaine.

Oui la dernière rencontre c'est Makanéra qu'on a vu, qu'on a entendu en lieu et place de M. Aboubacar Sylla…

Oui, j'étais absent à cette réunion pour des raisons certainement que nous allons aborder lors de cette émission. Donc un autre des leaders de l'opposition républicaine a pris le relais. Pour le moment jusqu'à preuve du contraire je demeure le porte-parole de l'opposition républicaine. Je dis clairement ici que je ne démissionnerai pas de ce poste mais souhaiterais en être déchargé par la désignation consensuelle d'un autre leader politique. D'ici là je suis le porte-parole de l'opposition républicaine, c'est vrai que M. Téliano avait fait une boutade lors de notre dernière conférence de la presse à la Maison de la presse. Il a dit que je ne suis plus porte-parole de l'opposition mais plutôt porte-parole du FAD. C'était juste une plaisanterie, il a dit d'ailleurs avec un gros sourire.

Ensuite je voudrais rectifier l'expression, vous avez dit que le FAD est une alliance électoraliste. On n'est pas une alliance électoraliste, nous sommes une alliance politique et électorale, c'est-à-dire nous ne cherchons pas à gagner des élections par des moyens plus ou moyens détournés ou des moyens excessifs, mais nous nous inscrivons dans le respect de la constitution, du code électoral, des lois de la République, pour engranger des suffrages et gagner des sièges aux différentes élections qui pourraient être organisées dans ce pays.

Pour ce qui concerne l'accord puisque c'est cette question que vous m'avez posée, effectivement je suis membre du comité de suivi de l'accord du 2 Octobre 2016, après en avoir été signataire, ça m'a coûté ce que ça m'a coûté en termes d'attaque, lorsque cet accord a été signé, on m'a fait porter toutes les responsabilités de l'accord, alors que rien n'en n'était. C'était juste un consensus au sein de l'opposition républicaine que j'ai reflété au niveau de l'accord que nous avons donné en tant que délégation de l'opposition dans ce cadre de dialogue. Donc nous étions membres du comité de suivi. Le comité de suivi comme vous le savez avait interrompu ses travaux pendant 3 mois. Il a repris, on a eu 2 sessions depuis la reprise de ces travaux, et nous avons fait le point de la situation. Nous avons élaboré une sorte de tableau de bord qui va nous permettre de suivre disposition par disposition l'exécution de cet accord. Nous avons également resserré les commissions, il y en avait 6, nous avons ramené à 3 commissions pour les rendre plus efficaces et nous avons donc à la dernière session le constat suivant, en ce qui concerne le code électoral, nous nous sommes félicités que le code électoral est passé de textes de constitutionnalité au niveau de la Cour constitutionnelle en ce qui concerne les dispositions relatives à l'accord du 2 Octobre 2016, c'est-à-dire l'organisation des élections locales.

Nous nous sommes félicités que la promulgation c'est pour nous une question de jours et de semaines, la question est de savoir que ce texte qui va être promulgué, est-ce qu'il va être promulgué dans son entièreté ou partiellement, comme l'a recommandé la Cour constitutionnelle. Sur cette question des avis des spécialistes, des juristes sont partagés, mais je pense que le cap le plus difficile a été franchi, celui de la constitutionnalité du texte.

Ensuite deuxièmement nous nous sommes félicités de la participation de la CENI, parce que la CENI a commencé parce qu'elle n'a jamais voulu participé malgré qu'elle était indépendante, et qu'elle constituait même un autre pouvoir, et qu'il n'était pas question qu'elle vienne obéir aux injonctions d'un comité de suivi dont elle ne se sentait pas tenu par les décisions, la CENI d'ailleurs ne se sent même pas concernée à l'époque par l'accord du 2 Octobre 2016 lui-même. Donc la CENI a repris ses travaux, c'est vrai qu'à la deuxième session la CENI n'était pas représentée, mais c'était pour cause de décès d'un commissaire de la CENI et également à cause du décès du père d'une autre commissaire de la CENI. M. Charles Pascal Tolno, il y avait donc le cas de M. Yéro Condé et M. Charles Pascal Tolno. C'étaient des cas sociaux, les commissaires donc s'étaient concentrés sur cela et n'ont pas pu donc participer à cette session.

Mais sinon la session d'avant, la CENI avait déjà participé et elle décide de le faire. La participation de la CENI ouvre la voie pour nous à plus de visibilité sur le calendrier électoral parce que c'est ce qui nous empêchait d'avoir une visibilité, on n'avait personne à interroger, on n'avait personne au niveau de comité de suivi avec qui discuté de l'agenda du chronogramme des prochaines élections. La présence de la CENI à ce comité nous permet d'avancer sur ce sujet.

Ensuite il y avait le problème de l'audit du fichier électoral qui était aussi en suspens parce que la CENI ne réagissait pas à nos différents courriers… et refusait de participer à nos travaux. Donc on n'avait absolument aucune idée sur la suite qu'elle entendait réserver au cahier de charges que nous lui avons transmis, qui a été élaboré par les commissions techniques du comité de suivi, un cahier des charges qui devait permettre de lancer l'appel d'offres pour recruter le cabinet d'audit devant faire donc l'audit du fichier électoral tel que prévu dans l'accord du 2 Octobre 2016. Aujourd'hui la présence de la CENI au niveau du comité de suivi nous oblige la CENI évidemment à réagir à ces questions.

Ensuite il y a le problème de l'indemnisation des victimes. Là aussi nous avons évalué la situation, une liste partielle a été déposée au niveau du comité de suivi pour l'indemnisation des personnes décédées, des ayants droits des personnes décédées. Il se trouve que cette liste elle est incomplète et on a demandé à l'opposition et principalement à l'UFDG de veiller à compléter cette liste dans les meilleurs délais. Moi j'ai même dit que le comité devrait accepter d'entériner la décision comme quoi cette liste devait être déposée avant la prochaine session, pour qu'à la prochaine session qu'on puisse annoncer effectivement le démarrage du processus d'indemnisation.

Je rappelle que d'après l'accord du 2 Octobre 2016, l'indemnisation des victimes devait démarrer plus tard le 30 Juin. Donc nous sommes déjà en retard d'une bonne dizaine de jours par rapport à cette échéance. Donc c'est la responsabilité de l'opposition de déposer maintenant les listes, la balle est dans le camp de l'opposition. Mais très rapidement nous nous sommes entendu qu'un forfait doit être fixé, doit être proposé par le comité de suivi aux institutions concernées, notamment à l'exécutif parce qu'il s'agit d'une indemnisation qui est faite par l'État, c'est pour ça que nous avons décidé au niveau de cette question de dissocier les procédures judiciaires ; du processus d'indemnisation parce que ce ne sont pas les personnes retenues dans le lien de la culpabilité en ce qui concerne les violences exercées lors de nos manifestations qui vont indemniser les victimes, c'est l'État.

Donc il y a aucune raison de lier les procédures judiciaires à l'indemnisation, donc, on a dit que très rapidement d'ici la prochaine session, on va essayer de discuter d'un forfait à régler aux familles. Donc là aussi c'est une question qui avance. Et nous avons estimé aussi pour ce qui concerne les personnes qui ont été victimes d'acte de vandalisme et de pillages de leurs biens dans nos manifestations, on va prendre là aussi des dispositions. Certains ont parlé du rapport qui a été établi par le GOHA (Groupe organisé des hommes d'affaires) qui avait récemment dressé relativement un rapport exhaustif de tous ces cas de pillages et de vandalisme, et qui avait fait une estimation pour 2013, ainsi qu'une seconde estimation pour 2007 et 2015. Donc tous ces dossiers-là sont disponibles. Il a été retenu que de toute façon, on allait utiliser notamment des huissiers, des auxiliaires de justice pour rétablir les faits, pour évaluer effectivement les préjudices subis de manière à faire en sorte que cette question aussi soit évacuée.

Pour ce qui concerne les prisonniers que nous, nous appelons prisonniers politiques, et que le pouvoir appelle parfois prisonniers de droit commun, mais ils sont tous élargis. Au jour d'aujourd'hui effectivement il n'y a aucune personne qui est détenue du fait de sa participation à des manifestations politiques organisées par l'opposition.

En ce qui concerne la neutralité du service public, là c'est une disposition qui interpellait 2 départements, le ministère de l'Administration et du territoire pour ce qui concerne la neutralité des administrateurs territoriaux, les gouverneurs, les préfets, les sous-préfets vis-à-vis de la sensibilité politique et différente de celle du pouvoir et d'autre part l'accès équitable aux médias de service public.

Pour ce qui concerne le premier aspect, le ministère de l'Administration et du territoire, il faut le reconnaître a fait beaucoup d'efforts. Il a élaboré déjà un code de déontologie pour tous les administrateurs territoriaux qui ont largement publié et nous même nous détenons des copies. Il a également organisé des ateliers régionaux à l'intérieur du pays pour sensibiliser tous ces administrateurs territoriaux sur la nécessité de respecter le principe constitutionnel de la neutralité du service public. Donc là aussi un travail de sensibilisation est fait. On attend de voir si effectivement ce travail va porter fruit, mais en ce qui concerne l'accès aux médias du service public, il faut dire qu'à ce niveau absolument rien n'est fait. Les médias du service public continuent à être considérés par ce gouvernement comme les médias du gouvernement qui sont hermétiquement fermés à tout le courant de pensée, d'opinion qui se distingue du pouvoir en place, donc là effectivement il y a beaucoup de choses à faire.

Donc en gros on constate déjà une première avancée, c'est que les réunions du comité de suivi ont repris. Et l'opposition y participe pleinement par l'intermédiaire de 3 représentants dont 2 députés de l'UFDG. Donc c'est déjà pour nous une situation qui n'existait pas il y a 2 ou 3 mois, lorsque nous décidions effectivement d'aller à des manifestations. On était dans le blocage le plus total, il n'y avait aucune avancée.

Il faut dire aussi deuxièmement que les choses bougent, il y a eu quand même des évolutions quoi qu'on dise. Donc pour cette raison puisque nous avons donné l'opportunité que nous avons dit qu'au moment où, il y a 2 mois et demi, 3 mois on prenait la décision de manifester et que moi-même je rendais compte des conclusions d'une plénière de l'opposition à la presse, je disais que s'il n'y avait pas d'avancées significatives, c'est que nous ferons des manifestations, mais il se trouve que ces avancées sont aujourd'hui là.

Ces avancées-là sont obtenues dans l'espace des 2 mois-là ?

Oui, de 2 mois parce que nous n'avons pas respecté notre agenda, nous avons décliné un agenda aux médias dont un agenda qui même j'ai eu à développer devant les médias qui étaient au QG de l'UFDG, lorsque nous avions tenu une de nos plénières. Nous avons dit qu'avant le mois de carême et pendant le mois de carême nous aurions organisé des meetings tournants dans les différentes communes de la capitale pour que dès après le mois de carême tout de suite nous allions vers des manifestations sur les places et les voies publiques.

Mais il se trouve que le chef de file de l'opposition a un calendrier très chargé à cette période. Il s'est absenté plus de 2 mois pratiquement, consécutivement alors qu'il est rentré à Conakry le jour de la fête ou le lendemain de la fête, je crois. Donc il n'a pas été possible de respecter notre agenda.

Donc on est resté dans cette attente pendant plus de 2 mois, en son absence aucune disposition n'avait été prise pour qu'effectivement ces meetings tournants commencent et de toute façon vous le savez en raison de la capacité de mobilisation de l'UFDG et de ce que lui-même représente au niveau de son électorat de ses militants et sympathisants, il est évident que quand il est absent à une manifestation de l'opposition républicaine, on n'a pas le même relief, que cela pourrait avoir que s'il est présent. Nous avons d'ailleurs fait l'expérience dans le passé.

Donc nous avons attendu et maintenant le chef de file est rentré et entre-temps nous, nous avons créé le FAD, le front pour l'alternance démocratique, nous avons fait un point de presse pour présenter notre alliance. Au cours de ce point de presse, des journalistes nous ont posé la question de savoir « qu'en est-il de nos manifestations ? » Nous avons répondu que nous pensons qu'à ce stade les manifestations sont sans objet puisque les raisons qui prévalaient au moment où nous prenions nos décisions n'existent plus.

Donc nous estimons que les accords du 2 Octobre 2016 en tout cas si c'est cet accord qui est le motif de la manifestation, si c'est le fait que cet accord ne soit pas respecté qui en soit le motif tel qu'on l'a toujours dit lors de nos plénières, alors pour le moment peut être qu'il faudrait surseoir à cette manifestation, jusqu'à ce qu'il y ait un blocage. Parce que nous l'avons dit à notre plénière. El hadj Cellou Dalein lui l'a dit de sa propre bouche, qu'on ne peut pas être à la fois autour de la table de dialogue et dans la rue.

Ça veut dire que la FAD ne prendra pas part à cette manifestation ?

Absolument le FAD réitère son appartenance à l'opposition républicaine. Pour nous il n'y a aucune incompatibilité, être de l'opposition républicaine qui est une alliance informelle qui n'est qu'un forum des partis politiques et la participation à une alliance électorale. Je vous donne des exemples. L'UFDG a signé il y a à peine 2 mois une alliance électorale avec l'UDG qui n'était même pas à l'époque de l'opposition républicaine mais de la mouvance présidentielle, on s'en n'est pas offusqué. Nous n'avons été qu'invités à la cérémonie de signature, nous n'avons pas été informés de négociation. Et quand finalement, il fallait aller signer l'accord, qu'on nous a invités à une cérémonie protocolaire.

J'ai accepté d'y aller bien que je n'ai pas été informé encore moins associé à cette alliance et j'ai même fait une déclaration pour soutenir cette alliance entre ces 2 partis, il n'y a eu aucun commentaire. Ça jamais été considéré comme une déclaration de guerre à qui que ce soit. Le FND qui est le parti de M. Makanéra et le GRUP, le parti de M. Papa Koly, ont fait également une alliance qu'ils ont appelée je crois, alliance anti système ou quelque chose comme ça, mais c'est passé totalement inaperçu parce que c'est dans l'ordre normal des choses. Nous, nous avons créé une alliance électorale en tant que partis de l'opposition républicaine.

En réaffirment notre appartenance à l'entité qu'est l'opposition républicaine, certains considèrent que c'est le début de la fin de l'opposition républicaine telle qu'elle existait avant, je ne comprends pas, il y a certainement un notre problème peut être qu'il faut expliquer. Nous avons dit également compte tenu de ce que j'ai dit tantôt, que nous, nous ne participerons pas à des marches dont nous ne voyons pas l'opportunité, ce qui ne veut pas dire qu'on ne soutient pas les marches pacifiques, nous nous inscrivons dans une logique de défense des droits individuels et publics des citoyens, le droit de cortège et des manifestations est un droit qui est inscrit au fronton de notre constitution. Donc nous respectons ce droit et nous entendons en jouir, mais pour ce qui concerne cette manifestation qui est envisagée, elle est totalement à notre avis contre-productive et elle va à contre-courant des discussions et des conclusions qu'on a eues lors des plénières de l'opposition républicaine.

Mais vous êtes le porte-parole de l'opposition, vous portez la voix de l'opposition, quand vous vous démarquez d'une action aussi importante de l'opposition, il y a de quoi s'inquiéter ?

Écoutez la décision d'aller à cette manifestation a été prise par un seul leader, un seul leader membre à part entière de l'opposition républicaine, c'est le président de l'UFDG lors de la dernière plénière à laquelle nous leaders, nous n'avons pas participé, où nous nous sommes fait représenter parce que pour le principe, nous voulions marquer notre appartenance à l'opposition républicaine. Mais notre refus de ce calendrier de manifestation qui n'était pas convenu et qui est complètement en porte-à-faux par rapport à l'agenda qui a été arrêté, il y a à peu près 3 mois au niveau de l'opposition républicaine, parce que le deuxième leader qui a participé à cette plénière de prise de décision de manifestation et de fixation de calendrier de manifestation, c'est M. Makanéra.

M. Makanéra, au cours de cette plénière, il a exprimé sa volonté, son intention d'adhérer à part entière à l'opposition républicaine avec M. Papa Koly, sinon les 2 depuis près de 10 mois, on dit qu'ils étaient des observateurs, et comme par hasard lorsque nous, nous venons pas, lorsque nous nous démarquons en ce qui concerne la manifestation, eux, ils décident tout de suite d'adhérer le jour même pour dire qu'ils viennent combler un trou creusé par notre absence à cette plénière-là.

Et mieux que ça, moi je considère qu'il s'agit d'une déclaration d'intention pour que M. Papa Koly et M. Makanéra soient membres à part entière à l'opposition. Il faut qu'ils signent la charte de l'opposition républicaine, jusqu'à présent ce n'est pas fait. Donc quand je vous dis que la décision d'aller à cette manifestation a été prise par un seul leader politique et que tous les autres n'ont pas été associés, c'est par ça que j'ai dit qu'il y a un problème de légitimité au niveau de cette manifestation, et nous ne nous inscrivons pas parce que cette manifestation est en contradiction avec ce que nous avons arrêté ensemble au niveau de la plénière de l'opposition républicaine, parce que nous avons arrêté là-bas qu'on ne peut pas être autour de la table et en même temps dans la rue. Nous avons également arrêté que le programme de manifestation devait débuter depuis il y a plus de 2 mois par des meetings tournants qui se seraient terminés par une marche pacifique dès après le mois de Ramadan. Or, il n'en n'est rien actuellement mais encore une fois nous sommes toujours membres de l'opposition républicaine et jusqu'à preuve du contraire j'assume la fonction de porte-parole de l'opposition républicaine, jusqu'à ce que consensuellement on désigne un autre leader pour jouer ce rôle au sein de cette entité politique.

Qu'est-ce qui justifie la création de ce front (FAD) à un moment où l'opposition a besoin de s'unir ?

Je vous ai donné des exemples d'alliances électorales qui se sont créées au sein de l'opposition républicaine, sans qu'il y ait le moindre tollé, je ne sais pas pourquoi nous, cela pourrait être présenté comme une démarcation par rapport à l'opposition. Certains ont même caricaturé le FAD en l'appelant : « Front anti Dalein ». Alors que c'est l'anagramme du front pour une alternance démocratique, peut-être que certains prennent leur rêve pour la réalité, ils souhaiteraient réellement l'implosion de l'opposition, et ils saisissent la moindre opportunité pour la prédire ou même la diagnostiquer tout de suite.

Donc nous, nous sommes encore de l'opposition républicaine. Nous l'avons dit à notre conférence de presse où nous avons présenté le FAD. Nous sommes alliés parce qu'on n'avait pas le choix. L'UFDG a déclaré publiquement, qu'en ce qui concerne le premier tour des élections, que ce soit local ou national, qu'il n'était pas question d'alliance et que les alliances ne pouvaient être envisagées qu'à un second tour éventuel. C'est une belle stratégie mais il est possible aussi pour certains partis politiques surtout quand il s'agit d'élections locales, conformément à la configuration électorale de la circonscription concernée, de s'allier dès le premier tour, de faire des listes communes.

Si cette opportunité est exclue avec l'UFDG, donc c'est parfaitement normal que les autres partis qui composent l'opposition républicaine se retrouvent. Et je rappelle comme membre de l'opposition républicaine, membre à part entière ayant signé la charte : c'est El hadj Cellou Dalein Diallo de l'UFDG, donc et l'UFC, NFD et le RDIG. Nous sommes les 4. Ceux qui sont arrivés tout dernièrement, ils sont encore dans une situation d'observation, peut être qu'ils vont y adhérer définitivement.

Et comme membres fondateurs de l'opposition républicaine, vous avez El hadj Cellou Dalein Diallo, Aboubacar Sylla et Mouctar Diallo. Nous ne sommes que 3. Donc je crois qu'il y a un grand problème, il y a un grand malaise, il ne faut pas le cacher au niveau de l'opposition républicaine.

Alors que faut-il selon vous, pour ressouder le navire opposition républicaine, pour faire en sorte que tout le monde revienne ?

Si vous vous souvenez j'avais déjà lancé cet appel, il y a à peu près 2 mois, j'avais demandé au chef de file et j'ai lancé l'appel lors d'une assemblée générale de mon parti. J'ai dit qu'il faut que l'opposition républicaine taise les petites divergences, les petites contradictions internes pour faire face au défi majeur qui est celui de l'alternance dans ce pays. Et j'ai dit à El hadj Cellou, il faut qu'il prenne son bâton de pèlerin, je lui ai dit il faut qu'on se retrouve.

Moi j'ai été attaqué ici au sortir de l'accord du dialogue qui a amené à l'accord du 2 Octobre 2016. On a mis sur moi ce point 2 de l'accord. On a dit que c'est moi, j'ai entendu même des leaders de l'opposition dire que c'est moi qui ai décidé cela comme si moi tout seul, je pouvais engager toute l'opposition y compris l'UFDG, sur une question aussi importante sans l'aval du chef de file. Je n'ai presque entendu personne me défendre, je me suis défendu tout seul.

Alors que c'était un point de vue commun que j'ai défendu. Si j'ai été au dialogue, j'ai accepté de signer, l'UFDG aussi l'a signé par le billet d'un de ses députés, c'est parce que tout le monde était d'accord.

Je ne peux pas aller à un dialogue défendre des positions personnelles sans que je ne sois rappelé à l'ordre par d'autre partis politiques, surtout des partis de la taille de l'UFDG mais j'ai pris sur moi, j'ai été attaqué, truffé de tout. Mais tout ça ce n'est pas important, ce qui est important c'est l'objectif que nous recherchons, ce qu'il faut faire maintenant c'est de battre le rappel de tous les alliés, vraiment qu'on revienne, qu'on essaye de surmonter nos différends qu'on ait un dialogue. Je vous dis que depuis que le FAD est créé, on a eu aucune rencontre avec les partis de l'opposition républicaine, à commencer par le chef de file.

Vous n'avez pas échangé autour de ça ?

Absolument rien. Depuis qu'El hadj Cellou Dalein est rentré à Conakry jamais on a eu un entretien sur ces questions, jamais un entretien sur les manifestations, est-ce qu'il faut les tenir, est-ce qu'il ne faut pas les tenir…

Vous avez été informé quand même de la rencontre pour fixer la date des manifestations ?

Oui, je le disait tantôt mais à cette rencontre le seul leader titulaire de l'opposition républicaine qui était là c'était lui, on s'attendait à ce qu'il dise puisque le quorum n'est pas atteint puisqu'il y a pas des leaders ici pour prendre des décisions aussi importantes, qui ne peuvent être prises par des simples représentants, vraiment on va reporter notre réunion et prendre le temps, dans l'entre-temps contacter les autres leaders politiques que nous sommes pour que nous nous retrouvions et que les choses se passent consensuellement. Mais quand c'est la fuite en avant, on a un peu à tort ou à raison, il y a une forme d'arrogance, c'est pour dire que c'est vrai, ils ne sont pas venus tant pis pour eux, nous, nous allons défiler tout seul. D'ailleurs on va intégrer dans l'opposition républicaine des partis qui étaient avec eux depuis 10 mois, qui ne voulaient en faire partie, mais comme ils sont là, on les intègre.

Tout ça ce n'est pas une bonne chose. Cellou doit se mettre au-dessus de la mêlée, il doit fédérer, il doit rassembler, les enjeux sont trop, trop importants pour qu'on se permette de nous laisser distraire par des questions d'égos, des questions de personnes et des questions de détails. Moi je crois qu'il faut qu'il soit à la hauteur de l'enjeu, il faut qu'il soit à la hauteur de la fonction en tant que chef de file de l'opposition, que ceci se termine par un tour de table qui va permettre certainement d'avoir un consensus autour des manifestations à venir, autour de la façon dont l'opposition doit se conduire à l'avenir.

Une synthèse d'Alpha Amadou Diallo

L'Indépendant, partenaire de GuineeActu

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