Massacre de 2009 en Guinée: un militaire extradé du Sénégal inculpé (officiel) | Africatime
Jeudi 27 Avril 2017

Massacre de 2009 en Guinée: un militaire extradé du Sénégal inculpé (officiel)

Massacre de 2009 en Guinée: un militaire extradé du Sénégal inculpé (officiel)
(AFP 16/03/17)
Un militaire guinéen, Aboubakar Sidiki Diakité dit Toumba Diakité, extradé récemment du Sénégal, a été inculpé de plusieurs chefs liés au massacre de plus de 150 opposants en 2009 à Conakry.

Un militaire guinéen, Aboubakar Sidiki Diakité dit Toumba Diakité, extradé récemment du Sénégal, a été inculpé de plusieurs chefs liés au massacre de plus de 150 opposants en 2009 à Conakry, a annoncé mercredi le ministère guinéen de la Justice.

M. Diakité, médecin militaire ayant grade de commandant, fut l'aide de camp du chef de la junte qui a dirigé la Guinée pendant un an en 2008-2009, le capitaine Moussa Dadis Camara qu'il avait ensuite tenté de tuer.

Visé par un mandat d'arrêt international, il a été appréhendé le 16 décembre au Sénégal, puis extradé vers la Guinée le 12 mars au soir. A son arrivée à Conakry, il a été écroué, selon plusieurs sources.

Dans un communiqué diffusé mercredi soir, le ministère de la Justice annonce qu'il a comparu lundi devant un juge qui a vérifié son identité. Le lendemain, il a été présenté au "pool des juges d'instruction chargés de l'information des infractions commises le 28 septembre 2009", qui lui ont notifié plusieurs charges à son encontre.

Le texte cite notamment "des faits de meurtres, de viols, de pillages, d'incendies volontaires, de vols à main armée, de coups et blessures volontaires (...), de tortures, d'enlèvements, de séquestrations, d'agressions sexuelles (...), de responsabilité de commandement des chefs hiérarchiques et militaires et de complicité".

Jusqu'à mercredi soir, aucun commentaire n'avait pu être obtenu auprès de l'entourage ou des avocats de l'officier en détention.

Toumba Diakité était recherché pour son implication présumée dans le massacre commis par des militaires le 28 septembre 2009 dans un stade de Conakry où étaient rassemblés des milliers d'opposants à la candidature à l'élection présidentielle de Moussa Dadis Camara.

Au moins 157 personnes avaient été tuées et 109 femmes violées dans le stade et ses environs, selon une commission internationale d'enquête de l'ONU.

Jusqu'à 2015, diverses sources judiciaires et au sein des ONG de défense des droits de l'homme avaient fait état d'une vingtaine d'inculpations prononcées contre des militaires et des civils dans le cadre de l'enquête judiciaire guinéenne, ouverte en 2010.

"Au moins 14 personnes ont été inculpées et plus de 500 témoins clés et victimes ont été auditionnés" dans le cadre de l'enquête, avait déclaré le 4 juillet 2015 la procureure de la Cour pénale internationale (CPI) Fatou Bensouda à l'issue d'une visite à Conakry. Trois jours plus tard, l'ex-chef de la junte guinéenne Moussa Dadis Camara, en exil au Burkina Faso, avait à son tour été inculpé à Ouagadougou par des magistrats guinéens enquêtant sur le massacre.

La mise en examen de M. Diakité a été saluée mercredi soir par la Fédération internationale des ligues des droits de l'Homme (FIDH) et trois ONG guinéennes dans un communiqué commun. Les autres signataires sont l'Organisation guinéenne de défense des droits de l'Homme (OGDH), Les Mêmes droits pour tous (MDT) et l'Association des victimes, parents et amis du 28 septembre 2009 (Avipa).

Ces quatre organisations "se félicitent de l'inculpation" mardi de M. Diakité, estimant que cet acte "devrait contribuer à la manifestation de la vérité et à l'établissement des responsabilités des personnes impliquées dans ce dossier".

Elles "appellent la justice guinéenne à poursuivre ses efforts pour mener la procédure à son terme afin qu'un procès transparent, crédible et dans lequel participeront toutes les personnes impliquées dans le massacre (...) puisse se tenir sans délai".

Selon elles, "14 individus sont aujourd'hui inculpés pour ces faits, parmi lesquels les plus hauts responsables de la junte" et "à ce jour, cinq ont été placés en détention provisoire".

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