Samedi 18 Novembre 2017

L’OIM aide au retour humanitaire volontaire de 136 migrants guinéens de Libye

L’OIM aide au retour humanitaire volontaire de 136 migrants guinéens de Libye
(Vision Guinée 15/07/17)

Il est 2h23 du matin ce vendredi 14 juillet, quand le vol spécial affrété par l’OIM Libye atterrit à l’aéroport de Conakry-Gbessia, à son bord, 136 migrants guinéens, dont 7 mineurs non-accompagnés, 3 femmes et 1 enfant en bas-âge. Parmi les passagers, 1 cas médical a été conduit pour des soins à l’hôpital.

Ces migrants, qui ont sollicité l’aide de l’OIM pour rentrer volontairement en Guinée, font partie des nombreux guinéens vivant en situation irrégulière en Libye, souvent dans des conditions très difficiles. Certains étaient emprisonnés dans les centres de détention de Tajoura, Alshok et Alsika. Le vol charter a quitté l’aéroport Mitiga de Tripoli jeudi 13 juillet autour de 20h45, et est arrivé à Conakry dans la nuit.

L’OIM a effectué des entrevues avant le départ, des examens médicaux et a facilité l’obtention de visas de sortie pour tous les passagers. Les migrants ont également reçu une assistance supplémentaire sous forme de kits, comprenant des vêtements et des chaussures.

Parmi les migrants de retour, Amadou* 19 ans, il travaillait comme mécanicien dans un garage en Libye. Un client refusant de régler une réparation le frappa violement au visage, lui brisant les dents de devant, avant de lui tirer une balle dans le dos. Il doit son salut à un ami qui l’a conduit à l’hôpital. L’OIM Libye s’est assuré de le faire soigner dans une clinique privée.

Saliou* et Mohamed*, deux amis originaires du même quartier ont 13 et 14 ans. Ils ont volé la moto d’un oncle pour financer leur périple via le Mali et l’Algérie jusqu’en Libye. Arrivés là-bas ils ont été capturés par des bandits avant d’être enfermés. Dans leur malheur, ils ont cependant eu de la chance, comme l’explique Saliou, « dans la prison, seuls les plus grands étaient frappés ». Leurs mères sont présentes cette nuit-là à l’aéroport pour les accueillir et les ramener à la maison.

Fanta* quant à elle est de retour avec son mari qui travaillait en Libye. Elle explique qu’ils étaient bien intégrés là-bas mais que les difficultés financières dues à l’instabilité politique les ont poussés à rentrer. Ils n’avaient pas les ressources pour financer leur voyage, ils ont donc contacté l’OIM pour les aider.

Les équipes de l’OIM Guinée, du SENAH (Service National des Affaires Humanitaire), de la Croix-Rouge, des représentants du Ministère des Guinéens de l’Étranger et du Ministère de l’Action Sociale, étaient à l’aéroport pour les accueillir. La Délégation de l’Union européenne en Guinée était représentée par Madame Elizabeth Péri, Conseiller politique et chef de section politique, presse et information.

Les migrants retournés ont été pris en charge par l’OIM Guinée qui leur a fourni un kit comprenant des effets de toilette, ainsi que de quoi se restaurer. L’OIM a procédé ensuite à leur enregistrement et à leur profilage. Ces données, une fois analysées, permettront à l’OIM de mieux saisir le profil des migrants irréguliers, d’en savoir plus sur les raisons de leur départ, leur parcours migratoire et leurs conditions de séjour en Libye.

Après cette étape de profilage, afin de pouvoir rejoindre leur destination finale, l’OIM a remis à chaque migrant pour frais de transport secondaire, une enveloppe de 509 600 GNF (l’équivalent de 50€) en attendant d’étudier leur cas et ainsi pouvoir leur faire des propositions alternatives, pour assurer leur réintégration durable en Guinée, et ce dans les trois mois suivant leur arrivée, dans le cadre du programme de : « Renforcement de la gouvernance des migrations et de support à la réintégration durable des migrants en République de Guinée » financé par le fonds fiduciaire de l’Union européenne.

Un soutien psycho-social a été apporté dès l’aéroport aux migrants vulnérables à travers des entretiens individualisés réalisés conjointement par l’OIM et le Ministère de l’Action Sociale. Lorsque nécessaire, un support additionnel assurera la prise en charge de leurs besoins immédiats. Les migrants retournés résidants à Conakry ont pu rentrer directement chez eux, les autres, originaires des différentes régions de Guinée, ont été hébergés pour une nuitée par le SENAH au Centre de transit de Matam. Ils pourront ensuite rejoindre leur destination finale.

Entre le 1er janvier 2017 et le 5 juillet, l’OIM Libye a aidé 5 172 migrants échoués (dont 18% de femmes) à retourner dans leur pays d’origine. Les trois quarts d’entre eux étaient retenus en centre de détention. 1 838 sont admissibles à l’aide à la réintégration. Le vol arrivé vendredi est le cinquième depuis début 2017 organisé par l’OIM pour des migrants guinéens en provenance de Libye (les quatre premiers concernaient 459 personnes). Il s’ajoute aux retours d’autres ressortissants du Bénin, du Cameroun, d’Egypte, du Maroc et du Niger, également échoués dans leur parcours migratoire.

Pour rappel, le projet de « renforcement de la gouvernance des migrations et de support à la réintégration des migrants en République de Guinée » est un projet issu d’une initiative conjointe entre l’OIM et le Fonds Fiduciaire de l’Union européenne.

Lancé en avril 2017, il sera mis en œuvre pendant une période de 3 ans et couvrira 6 régions administratives de la Guinée : Conakry, Boké, Mamou, Labé, Kankan et N’zérékoré. Dans le cadre de ce projet, l’OIM Guinée assistera les migrants retournés, selon leur profil et leurs besoins, rendant possible la création d’une petite entreprise, l’implication dans une initiative entrepreneuriale collective et/ou communautaire, ou le suivi d’une formation professionnelle.

Par l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM)-Guinée

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