Lundi 18 Décembre 2017

La rupture du jeûne dans les embouteillages de Conakry

La rupture du jeûne dans les embouteillages de Conakry
(APA 15/06/17)
Photo d'illustration

APA-Conakry (Guinée) – Conakry, carrefour Bambéto. On est à quelques minutes de la rupture du jeûne et cette voie passante grouille de vendeurs offrant toutes sortes de marchandises aux passagers des véhicules.

Coincés dans de gros embouteillages, ces derniers sont obligés de couper leur jeûne en chemin, d’où la cour assidue des vendeurs et vendeuses qui se faufilent entre les véhicules.

En habitué de ces slaloms, un petit garçon va d’une voiture à une autre en exhibant à la criée ses yaourts qui, à l’en croire seraient « bien glacés » et coûteraient entre 2000, 3000 et 5000 francs guinéens.

Une aubaine pour Madjariou Barry qui voyage à bord d’un taxi. Assis derrière le chauffeur, il sort prestement la tête et hèle le petit vendeur qui s’amène en courant. « As-tu la monnaie ? J’en veux pour trois mille», lance Madjriou en exhibant un gros billet.

En moins d’une minute, le marché est conclu : Madjariou récupérant sa monnaie et surtout son yaourt pendant que le petit vendeur s’élance vers d’autres acheteurs, tenaillés par l’envie d’avoir de quoi couper le jeûne avant l’arrivée à la maison.

Chaque soir à l’approche de la coupure du jeûne, pareille scène se répète plusieurs fois dans les routes de la capitale guinéenne où les embouteillages monstres font l’affaire des vendeurs à la sauvette.

De la route « Le Prince » à l’Autoroute « Fidel Castro », en passant par la route « Le Niger » ou sur les routes dites « contournantes » et « transversales », le spectacle est le même : des nuées de vendeurs guettent les passagers des véhicules.

La bosse du commerce en bandoulière, ils prennent position autour des grands carrefours où se produisent régulièrement des embouteillages ou aux abords des mosquées érigées le long des grandes rues. Le « calcul » des commerçants est infaillible car à Conakry et presque partout dans les grandes villes du pays, les bouchons aux heures de pointe (départ pour le travail et retour du travail) sont permanents.

La faute au mauvais état des routes, au manque criard d’un réseau efficace de transport inter- urbain, à la propension des chauffeurs à fouler aux pieds le code de la route et au petit nombre de policiers chargés de réguler la circulation.

A mille lieues de se plaindre du pourquoi de ces embouteillages, des femmes font miroiter aux yeux des voyageurs affamés par une longue journée de jeûne des oranges, des sachets d’eau, des jus de fruit et de la bouillie. Là où des jeunes garçons excitent les appétits avec des brochettes de viande, des dattes, des pommes et du yaourt.

« Venez par-là, j’ai de la bonne bouillie de sorgho, c’est chaud et sucré », débite interminablement Aissatou Bah, une jeune fille de 20 ans, qui exerce au carrefour Coza. A côté d’elle, Binta Diallo, le visage voilé et un bébé sur le dos, ne s’en laisse pas compter : « J’ai de la bouillie du riz, il y a du lait et du sucre ».

Quand fuse l’appel à la prière du muezzin, ceux qui comme Madjariou ont fait des achats rompent le jeûne dans leur véhicule. Trois dattes pour les uns, un sachet d’eau fraîche ou un jus de fruit pour les autres.

Altruistes, certains passagers partagent leurs provisions avec leurs voisins n’ayant pas pu se payer quelque chose.

Pas pressés de rentrer ou estimant qu’il leur faut un goûter plus consistant, des passagers descendent à hauteur de la première mosquée pour prier et éventuellement y rompre je jeûne.

Dans beaucoup de mosquées de Conakry, on y trouve souvent le soir de quoi se mettre sous la dent en cette période de Ramadan.

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