Samedi 18 Novembre 2017

Guinée : une marche de la colère pour dénoncer le « musellement » de la presse

Guinée : une marche de la colère pour dénoncer le « musellement » de la presse
(Jeune Afrique 08/11/17)

Une centaine de journalistes guinéens ont battu le pavé mardi à Conakry pour protester contre ce qu'ils estiment être un climat général de répression de la liberté de la presse dans le pays.

Une marche dite de la « colère » s’est déroulée sans incident, mardi 7 novembre, dans le centre administratif et des affaires de Kaloum. « Sans la liberté de la presse, pas de démocratie », « Sans la liberté de la presse, pas d’État de droit »… Sur près de trois kilomètres, les manifestants ont entonné des slogans revendicatifs pour protester, notamment, contre la décision de l’organe de régulation des médias de suspendre pendant une semaine, du 3 au 9 novembre, la radio privée Espace FM.

D’après la la Haute autorité de la communication (HAC), le radio aurait « [diffusé des] informations susceptibles de porter atteinte à la sécurité de la nation, au moral des forces armées et à l’ordre public ». Au milieu de la foule de contestataires, Lamine Guirassy, le PDG du groupe Hadafo Médias, qui comprend deux radios à Conakry et trois stations relais à l’intérieur du pays, n’a pas manqué de dénoncer ce qu’il juge être un acharnement de la part de la HAC contre son groupe de médias.
Un acharnement ?

« [C’est] une décision dépourvue de sens. C’est un problème personnel entre Martine Condé, la présidente de la HAC, et moi-même, mais je ne sais pas pourquoi. Il n’y a pas d’antécédent entre nous », assure-t-il. Les grandes gueules, son émission de talk-show phare, avait également été suspendue du 5 au 9 juin 2017. Mohamed Mara, l’un de ses animateurs accusé d’avoir tenu des « propos violents et grossiers envers les Guinéens » avait été interdit d’exercer la profession de journaliste pendant un mois. « C’est la troisième fois que nous sommes victimes de sanctions depuis le début de l’année. À un moment donné, il faut que cela s’arrête », martèle le PDG d’Hadafo Médias.

Aboubacar Camara, directeur général du groupe RTV Gangan, se dit également victime d’acharnement de la part de la HAC. Le lundi 30 octobre dernier, il a notamment passé la nuit à la brigade de gendarmerie de Yimbaya, banlieue sud de Conakry, suite à une rumeur concernant la mort du président Alpha Condé. Il est depuis poursuivi pour « diffusion de fausses informations et atteinte à la personne du chef de l’État », alors que trois autres de ses collègues avaient été auditionnés dans la journée puis relâchés. Et pourtant, « Lansana Conté a déjà été donné pour mort au moins trois fois par des rumeurs, mais personne n’a été arrêté pour cela, rappelle Amadou Tham Camara, président de l’Association guinéenne de la presse en ligne (Aguipel). Les rumeurs sont fréquentes dans un pays, mais ce n’est pas une raison pour bâillonner la presse. Nous sommes très inquiets et en colère ».

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