Samedi 18 Novembre 2017

Guinée : Nouhou Thiam et Sékou Resco Camara devant les juges

Guinée : Nouhou Thiam et Sékou Resco Camara devant les juges
(Afrique sur 7 13/11/17)
L’ancien chef d’état-major des armées de la Guinée, Nouhou Thiam

L’ancien chef d’état-major des armées de la Guinée, Nouhou Thiam et l’ancien gouverneur de Conakry, le commandant Sékou Resco Camara, du temps de la junte militaire de 2008 à 2010, sont devant les tribunaux.

C’est un procès qui pourrait ouvrir la voie à d’autres et donner de l’espoir à plusieurs victimes de la dernière junte militaire guinéenne qui attendent avec impatience que justice leur soit rendue. Ce lundi 13 novembre s’ouvre devant la cour criminelle du tribunal de première instance de Dixinn, dans la proche banlieue à Conarky, le procès de Nouhou Thiam, ex-chef d’État-major des armées et Sékou Resco Camara, ancien gouverneur de Conakry. Les faits qui les incriminent remontent à sept ans.

Le 22 octobre 2010, le cortège présidentiel du président de la transition, Sékouba Konaté est caillassé au carrefour d’Hamdallaye. Une heure plus tard, la garde présidentielle revient sur les lieux et rafle une vingtaine de personnes. Ces personnes sont amenées à la gendarmerie et durement torturées, pratiquement à mort. Ils seront ensuite transférés dans un autre lieu où ils continueront d’être maltraités.

En Guinée, le procès des deux hauts gradés da la junte militaire qui a dirigé le pays entre 2008 et 2010 est salué. Pour beaucoup d’observateurs, il met fin à l’impunité. Et le procès est d’autant plus symbolique que c’est la première fois que des militaires seront jugés pour des atteintes graves aux droits de l’homme dans ce pays.

Un espoir pour les victimes de la répression du 28 septembre 2009 qui avait fait 150 morts, plusieurs disparus et des centaines de femmes violées. Après huit années d’enquête, les juges ont finalement remis au procureur, la semaine dernière, le dossier d’instruction. Toutefois, pour les victimes, ce dossier a un gout d’inachevé.

À l’exception de Moussa Dadis Camara, chef de la junte militaire, inculpé en juillet 2015, et l’arrestation en décembre 2016 du chef de la garde présidentielle Toumba Diakité, le président da la transition Sekouba Konaté n’est toujours pas inquiété par la justice. Ancien ministre de la Défense et numéro 3 du régime militaire en 2009, Sékouba vit aujourd’hui à Paris en toute liberté.

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