Guinée: le malaise et la suspicion entre la justice et les forces de sécurité continuent | Africatime
Samedi 25 Mars 2017

Guinée: le malaise et la suspicion entre la justice et les forces de sécurité continuent

Guinée: le malaise et la suspicion entre la justice et les forces de sécurité continuent
(Guinée News 18/03/17)
Des policiers guinéens

Les derniers évènements en Guinée ont donné à la gendarmerie et à la justice l’occasion de se canarder spirituellement. Comme d’habitude, c’est la sécurité qui met le grappin sur les malfrats et après les avoir dépouillés de tous les renseignements et parfois de leurs butins, les met à la disposition de la justice. Une fois dans le trou de la sûreté urbaine de Conakry, les gardes pénitentiaires ‘’malfamés, mal vêtus, mal payés’’, se laissent volontiers convaincre par ces malfrats de les laisser sortir opérer moyennant partage… Que personne ne proteste, on a des preuves :

Pas beaucoup de Guinéens actuels, c’est-à-dire des jeunes, qui brocardent les anciens agents, ne connaissent « Gnamana-kinkin », un type insignifiant à renommée épouvantable dont « le général-Kalil », le capo de la bande des Matthias Leno, Végas, Dénka Mansaré…, là encore peu connaissent cette histoire, s’était inspiré à merveille.

Adolescents, on était allé au cinéma Rialto, la salle la moins chère de Guinée 45 fg), pour voir un film de Louis de Funès dans lequel il s’agissait de la complicité des gardes pénitentiaires d’une prison de France avec les détenus braconniers qu’ils autorisaient à aller braconner à leurs profits communs… Ce qui s’est passé depuis en Guinée a été vu dans des salles de cinéma.

A une autre occasion, on nous a présenté un gringalet un peu élancé du nom « Gamana-Kinkin ». La rumeur disait qu’il avait un fétiche « dimi-dimi » qui lui procurait le don d’être invisible comme l’anneau de Gygès puisqu’à chaque fois qu’il était arrêté et mis en prison et il n’était jamais arrêté pour des chapardages ou maraudages, on ne tardait pas à le revoir dehors à se promener sans se cacher des pandores. Tout Conakry le craignait, mais il était de nos connaissances et il cherchait à nous épater par ses « évasions rocambolesques » en se montrant à nous… On lui a demandé un jour de nous montrer son fétiche, il n’en avait rien et un jour, quelqu’un de nous l’a surpris ami-ami comme cochons avec un haut gradé de la police. Quand le « général Kalil avait dit que pour qu’il parle, il faut d’abord fermer les frontières de la Guinée. On a tout compris.

Bref, on dit cela pour agrémenter, assaisonner la sauce entre la justice et les pandores… La dernière fois, les hommes de la Sécurité nationale s’étaient plaints d’avoir à rattraper un malfrat de grand chemin qui avait fait un casse de 3 milliards de francs guinéens dans un intervalle d’un an. Une semaine plus tard, le hors-la-loi de Friguiadi qui a forcé un passage non encore ouvert à la circulation et occasionné une émeute populaire et la destruction des engins de TP d’une valeur de plus de 3 milliards, cet individu est confié à la gendarmerie dans un état de traumatisme crânien (il aurait reçu une pelle sur la tête) avait pu s’échapper des mains de deux gendarmes : 1-1. Egalité parfaite, mais la Justice ne peut exulter.

Question : Karamba Diaby et le zig qui a pris la tangente étaient sous la responsabilité des gens dont on ne parle pas ou peu dans ce pays. Y-a-t-il, ne serait-ce que des réprimandes ? L’impunité n’existe pas aussi à ce niveau ?

De toute l’histoire de la Guinée, ces petits détails n’ont jamais été éclaircis, ce qui donne l’occasion aux pandores de tirer à bout portant sur la justice qui ne peut autrement qu’encaisser, mais sans situer les responsabilités et sévir, les mots ne feront aucun mal à un camp ou à l’autre.

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