Lundi 23 Octobre 2017

Guinée: Gel des manifestation de l’opposition

Guinée: Gel des manifestation de l’opposition
(Autre média 09/10/17)

A la suite de la suspension du dernier mot d’ordre de ville-morte que ses partisans auraient pu observer le jeudi dernier, l’opposition guinéenne annonce le gel de sa série de manifestations rue qu’elle avait lancée le 20 septembre 2017. Cette décision de détente, elle l’a annoncée hier à l’issue d’une plénière qu’elle a tenue au QG de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), sis à Hamdallaye CBG, dans la commune de Ratoma.

Sans doute, cette décision est en lien avec le chronogramme récemment rendu public par la CENI et qui fixe les élections communales au 4 février 2018. L’opposition voudrait se donner le temps d’évaluer «le sérieux que la CENI va mettre au respect du chronogramme, s’il y a une volonté d’aller de l’avant », a notamment déclaré le chef de file de l’opposition. Ensuite à propos des enquêtes et poursuites consécutives à la mort de ses partisans lors des manifestations, l’opposition entend rencontrer le ministre de la justice pour là aussi « son engagement à procéder aux investigations afin d’identifier et déférer les criminels devant les tribunaux ».

Le temps de ces deux « évaluations », les manifestations de rue sont donc suspendues. Toutefois, Cellou Dalein Diallo tient à rappeler que l’épée des marches continuera à planer au-dessus de la Guinée :

Pour le moment, nous demandons à la population de rester mobiliser pour continuer les manifestations. Pour le moment, il n’y a pas de date nouvelle pour les manifestations, nous reviendrons vers les populations pour que les prochaines manifestations soient suivies par l’ensemble des populations guinéennes.

Par ailleurs, Cellou Dalein Diallo et ses camarades ont profité de leur rencontre d’hier pour exiger la libération d’un des responsables de l’UFDG détenu depuis quelques jours à la Direction de la police judiciaire de Kaloum. En l’occurrence, il s’agit du secrétaire fédéral du parti à Matam, Soriba Sorel Bangoura, accusé d’avoir tenu des propos pouvant inciter l’armée à prendre le pouvoir. Or, pour le président de son parti, les griefs invoqués pour son arrestation ne tiennent pas débout :

Lors d’une assemblée générale de l’UFDG, M. Bangoura avait dit que si M. Alpha Condé ne respecte pas la Constitution et les accords politiques et qu’il continue à violer les autres lois de la République, alors en ce moment il faut demander à l’armée de prendre le pouvoir pour organiser des élections. Je ne pense pas que cela puisse justifier une arrestation et une détention, parce qu’il dit s’il continue de violer la Constitution, refuse d’organiser les élections, naturellement, en ce moment… Je pense qu’avec les si on peut mettre Paris dans une bouteille. Il faut attendre que ces conditions qu’il a énumérées soient réunies, si elles ne le sont pas déjà, et qu’il passe à l’acte, c’est en ce moment qu’il aura sans doute commis un délit, pas pour l’instant.

L’opposition républicaine, dans son ensemble, a dit soutenir l’UFDG et à son responsable.

Balla Yombouno

Lire sur: http://www.ledjely.com/guinee-gel-des-manifs-de-lopposition/

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