Mercredi 25 Avril 2018

Cacao : la Côte d’Ivoire et le Ghana s’engagent à plus de concertation

Cacao : la Côte d’Ivoire et le Ghana s’engagent à plus de concertation
(Jeune Afrique 27/03/18)
Cacao : la Côte d’Ivoire et le Ghana s’engagent à plus de concertation

Les présidents ivoirien et ghanéen, Alassane Ouattara et Nana Akufo-Addo, ont signé ce lundi la « Déclaration d'Abidjan », par laquelle ils s'engagent à accélérer la mise en œuvre d'une politique commune pour la filière cacaoyère.

À eux deux, le Ghana et la Côte d’Ivoire produisent 60 % de l’offre mondiale de cacao. Mais entre ces deux pays limitrophes, les différences en termes de gestion de la filière aussi bien que de prix peuvent être énormes. Pour la saison 2017-2018, le prix payé aux planteurs était ainsi de 1 735 dollars la tonne au Ghana et de 1 270 dollars la tonne en Côte d’Ivoire, un différentiel provoquant une contrebande importante.

Le 27 septembre 2017, le président ivoirien, Alassane Ouattara, avait pourtant appelé son homologue ghanéen, Nana Akufo-Addo, pour tenter de le persuader de réduire l’écart de prix des fèves entre les deux voisins – sans succès. La concertation sera-t-elle plus au rendez-vous la saison prochaine ? C’est du moins ce que laisse penser la « Déclaration d’Abidjan » signée ce lundi 26 mars dans la capitale économique ivoirienne, intitulée « La Côte d’Ivoire et le Ghana ensemble pour faire face aux défis de l’économie cacaoyère ».

Peser sur les cours mondiaux

Lors d’une rencontre à la présidence, organisée après la participation des deux chefs d’État à l’Africa CEO Forum, Alassane Ouattara et Nana Akufo-Addo se sont en effet entretenus sur le sujet de l’économie cacaoyère, et ont acté leur ambition « d’accélérer la mise en œuvre de leur politique commune, visant à mieux défendre les intérêts des producteurs de cacao, ainsi que ceux des économies des deux pays ».

Par cet accord, ils s’engagent notamment à « améliorer leurs politiques de commercialisation du cacao », à « mettre en œuvre un programme régional de lutte contre la maladie du swollen shoot » ou encore à « inviter le secteur privé, notamment africain, à investir massivement dans la transformation du cacao en Afrique ». Mais s’ils évoquent une annonce concomitante, en amont de chaque campagne, du prix au producteur, ils ne vont pas jusqu’à jusqu’à s’engager à l’harmonisation de la politique de prix.

Les chefs d’État annoncent en revanche leur intention de « définir une stratégie commune en vue de trouver une solution durable à l’amélioration des prix perçus par les producteurs de cacao de leurs pays respectifs », une problématique qui revient régulièrement dans leurs échanges.

En visite officielle en Côte d’Ivoire, début mai 2017, Akufo-Addo avait ainsi jugé incompréhensible que les deux plus importants producteurs de cacao au monde laissent le sort de leurs producteurs entre les mains de spéculateurs hors du continent.

Quelques mois plus tard, en octobre, les deux pays s’étaient engagés à se rapprocher pour peser davantage sur le processus de fixation des prix à la bourse de Londres.

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