Dimanche 19 Novembre 2017

Un ministre de l’ex-dictateur gambien poursuivi en Suisse pour « crimes contre l’humanité »

Un ministre de l’ex-dictateur gambien poursuivi en Suisse pour « crimes contre l’humanité »
(Le Monde 06/11/17)
Ousman Sonko, ministre de l’intérieur gambien de 2006 à 2016

Ousman Sonko, qui fut aussi chef de la garde spéciale de Yahya Jammeh et de la police est visé par une enquête. S’il y a procès, il risque la réclusion à perpétuité. C’était l’un des bras armés du régime autoritaire de Yahya Jammeh. Ousman Sonko, ministre de l’intérieur gambien de 2006 à 2016, est visé par une enquête du parquet fédéral suisse pour soupçons de « tortures et crimes contre l’humanité » depuis le 28 janvier.

Mercredi 1er novembre, estimant que les charges qui pesaient contre lui étaient suffisantes, le tribunal des mesures de contrainte bernois a prolongé sa détention une troisième fois pour une durée de trois mois afin de poursuivre l’investigation. Une décision qui fait notamment suite aux récits détaillés de trois victimes gambiennes venues témoigner à la barre.

Si M. Sonko n’est pas accusé d’avoir directement participé aux tortures, plusieurs témoins l’auraient reconnu sur les lieux des crimes, faisant de lui le complice présumé des tortionnaires, voire l’instigateur des supplices. « Passage à tabac avec des câbles, des battes, des marteaux, ou un fouet traditionnel appelé leymarr en wolof ; simulation de noyade et de suffocation avec sac en plastique, électrocution, viols et autres sévices sexuels », détaillait un rapport de Human Rights Watch (HRW) en septembre 2015.

Ces actes auraient notamment été le fait de deux unités de la police gambienne : la Serious Crime Unit et la Police Intervention Unit. D’autres témoignages rapportent aussi la participation d’une unité secrète, celle des jungulars, ou « broussards » en français, les hommes de main du président, « son équipe d’assassins », racontait au Monde Afrique Ousmane Bojang, un ancien des services secrets gambiens, la National Intelligence Agency (NIA).

L’exécutant de Jammeh

Ousman Sonko est au cœur de cette machine répressive du régime qui vise journalistes et opposants politiques. D’abord chef de la garde spéciale du président, puis chef de la police et enfin ministre de l’intérieur pendant dix ans, ce proche du président, déférent, autoritaire et discret, est de tous les coups. « Il est l’exécutant de Jammeh, celui qui reçoit ses appels demandant la disparition de tel avocat ou tel agitateur, confie une source gambienne souhaitant préserver l’anonymat. Il a même ordonné la mise à mort de plus de quarante personnes qu’il pensait être des rebelles. »

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