Vendredi 20 Avril 2018

Meurtre de l'opposant gambien Sandeng: arrestation d'un responsable du renseignement

Meurtre de l'opposant gambien Sandeng: arrestation d'un responsable du renseignement
(AFP 27/03/18)
La mort en détention de Solo Sandeng (Photo) avait déclenché un mouvement politique qui a permis de faire tomber le président de l'époque, Yahya Jammeh, au pouvoir pendant 22 ans.

La police de Gambie a annoncé lundi avoir arrêté un autre haut responsable des services de renseignement en liaison avec le meurtre en avril 2016 d'un opposant, Solo Sandeng.

La mort en détention de Solo Sandeng avait déclenché un mouvement politique qui a permis de faire tomber le président de l'époque, Yahya Jammeh, au pouvoir pendant 22 ans.

Les tortures et le meurtre supposés de l'organisateur du United Democratic Party (UDP) avaient provoqué des manifestations, peu communes dans ce petit pays enclavé d'Afrique de l'Ouest et avaient encouragé une opposition faible et divisée à s'unir contre le pouvoir autoritaire.

Une vingtaine de membres de la National Intelligence Agency (NIA) sont en cours de jugement ou doivent répondre devant la justice du meurtre de l'opposant, qui avait été arrêté lors d'une manifestation.

Le porte-parole de la police, David Kujabie, a précisé lundi que James Mendy, chef de la sécurité de la NIA avait été placé en détention par la police et qu'on enquêtait sur lui "en liaison avec le meurtre de Solo Sandeng".

James Mendy a été "l'un des hauts responsables de l'agence impliqués dans le meurtre", a indiqué un source sécuritaire à l'AFP.

Des procureurs de Gambie avaient inculpé mercredi huit anciens membres de la NIA d'association de malfaiteurs en vue de commettre un meurtre dasn l'affaire Sandeng.

Neuf autres membres de la NIA, dont son ancien chef, Yankuba Badjie, sont déjà en train d'être jugés pour leur rôle dans le meurtre de Sandeng. Le procès avance lentement: treize témoins ont été appelés à la barre.

Deux autres anciens agents de renseignement, Ngora Njie et Shiekh Tijan Camara, ont accepté la semaine dernière de devenir des témoins de l'accusation.

Ancien militaire parvenu au pouvoir par un putsch sans effusion de sang en 1994 dans cette ex-colonie britannique enclavée dans le Sénégal, à l'exception d'une étroite façade côtière, Yahya Jammeh s'était fait largement élire et réélire sans interruption jusqu'à sa défaite en décembre 2016 face au candidat de l'opposition, Adama Barrow.

Après six semaines de crise à rebondissements provoquée par son refus de céder le pouvoir, il a finalement quitté le pays le 21 janvier 2017, à la suite d'une intervention militaire de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) et d'une ultime médiation guinéo-mauritanienne.

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