Vendredi 20 Avril 2018

Gambie: inculpation d'anciens espions accusés de meurtre

Gambie: inculpation d'anciens espions accusés de meurtre
(AFP 23/03/18)
Des procureurs de Gambie ont inculpé huit anciens espions d'association de malfaiteurs en vue de commettre un meurtre

Des procureurs de Gambie ont inculpé huit anciens espions d'association de malfaiteurs en vue de commettre un meurtre, celui d'un militant dont la mort en détention avait déclenché un mouvement politique qui a permis de faire tomber le président de l'époque, Yahya Jammeh.

Les huit membres de la National Intelligence Agency (NIA) ont été inculpés mercredi, a déclaré jeudi le porte-parole de la police, David Kujabie.

Les tortures et le meurtre supposés de l'organisateur du United Democratic Party (UDP), Solo Sandeng, en avril 2016 avaient provoqué des manifestations, peu communes dans ce petit pays enclavé d'Afrique de l'Ouest et avaient encouragé une opposition faible et divisée à s'unir contre le pouvoir autoritaire.

Un homme d'affaires peu connu, Adama Barrow, avait en conséquence battu Jammeh à la présidentielle de décembre 2016. Le présdient Barrow s'est ensuite engagé à réformer les services de sécurité de Jammeh, qui avait été accusé d'enlèvements, de tortures et de meurtres.

La peine encourue par les huit inculpés est la peine de mort, mais la Gambie du président Barrow s'est engagée à abolir la peine capitale.

Neuf autres membres de la NIA, dont son ancien chef Yankuba Badjie sont déjà en train d'être jugés pour leur rôle dans le meurtre de Sandeng. La procès avance lentement: treize témoins ont été appelés à la barre.

Ancien militaire parvenu au pouvoir par un putsch sans effusion de sang en 1994 dans cette ex-colonie britannique enclavée dans le Sénégal, à l'exception d'une étroite façade côtière, Yahya Jammeh s'était fait largement élire et réélire sans interruption jusqu'à sa défaite en décembre 2016 face au candidat de l'opposition, Adama Barrow.

Après six semaines de crise à rebondissements provoquée par son refus de céder le pouvoir, il a finalement quitté le pays le 21 janvier 2017, à la suite d'une intervention militaire de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) et d'une ultime médiation guinéo-mauritanienne.

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