Mardi 23 Janvier 2018

Afrique : et maintenant, le retour des djihadistes !

Afrique : et maintenant, le retour des djihadistes !
(Le Point 13/12/17)

Ils sont un peu plus de 6 000 combattants africains à avoir servi dans les rangs du groupe djihadiste l'État islamique (EI) en Irak et en Syrie et ils pourraient revenir dans leurs pays respectifs sur le continent très prochainement. Des possibilités de retour qui ne rassurent pas du tout. Comme en Europe, les autorités ne sont pas vraiment préparées à cette éventualité. Smail Chergui, le commissaire de l'Union africaine pour la paix et la sécurité, a appelé, lors d'une rencontre sur la lutte contre le terrorisme, ce 10 décembre à Oran, en Algérie, les pays africains à se préparer « fermement » à la gestion de ces retours.

La genèse d'un casse-tête
Pour rappel, l'EI a profité du conflit syrien, qui a éclaté en 2011 avec des manifestations contre le président Bachar el-Assad, pour s'implanter en Syrie et en Irak. Après une montée en puissance fulgurante en 2014, qui a vu l'organisation extrémiste s'emparer de vastes pans de territoire dans les deux pays, l'EI a proclamé un « califat » en 2014, qui a attiré des milliers de combattants étrangers. Mais le groupe a ensuite multiplié les revers et a perdu la totalité des territoires qu'il avait conquis en Irak et la plupart de ceux qu'il détenait en Syrie. « Le retour de ces éléments en Afrique pose de sérieuses menaces sur la sécurité et la stabilité nationales et exige un traitement spécifique et une coopération intense entre les pays africains », a estimé Chergui, cité par l'agence de presse APS. Le commissaire de l'UA pour la paix et la sécurité a appelé les pays concernés à notamment « échanger les renseignements sur les éléments armés regagnant leurs pays respectifs », après leurs défaites en Irak et en Syrie. Fin 2016, Abou Bakr al-Baghdadi, leader de l'État islamique en Irak et en Syrie (EIIL), annonçait que le groupe avait « étendu et orienté une part de (leur) commandement, (leurs) moyens et (leurs) richesses sur l'Afrique ».

L'Afrique selon l'État islamique
Des précisions sur la notion de l'Afrique ont été apportées par le magazine du groupe djihadiste Dabiq. Il fait référence à plusieurs régions qui feraient partie de son « califat », notamment : « le Soudan, le Tchad et l'Égypte ont été nommés province du califat d'Alkinaana ; la région regroupant l'Érythrée, l'Éthiopie, la Somalie, le Kenya et l'Ouganda est la province d'Habasha ; la région nord-africaine comprend la Libye, la Tunisie, le Maroc, l'Algérie, le Nigeria, le Niger et, la Mauritanie étant le Maghreb, la province du califat », explique en détail le Centre d'études stratégiques de l'Afrique. Les premiers pays concernés seraient donc ceux de l'Afrique du Nord, Tunisie, Algérie et Maroc en tête. Intervenant lors du même forum, le ministre algérien des Affaires étrangères, Abdelkader Messahel a affirmé que l'Algérie ne ménagerait aucun effort pour contribuer efficacement dans la lutte contre l'extrémisme violent et le terrorisme en Afrique. Évoquant « les risques que pose le retour des terroristes africains dans leurs pays respectifs après leur échec militaire en Syrie et en Irak », il a souligné que « ces éléments armés tendent à s'établir dans ces régions afin de poursuivre leurs objectifs terroristes ».

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