Adama Barrow à Sciences-Po : le discours d’un débutant | Africatime
Jeudi 23 Mars 2017

Adama Barrow à Sciences-Po : le discours d’un débutant

Adama Barrow à Sciences-Po : le discours d’un débutant
(Le Monde 17/03/17)

Invité par François Hollande en janvier, le nouveau président gambien effectue, depuis la mi-mars, son premier voyage officiel en dehors du continent africain. « S’il vous plaît, levez-vous pour accueillir le président de la Gambie, Adama Barrow ! » C’est la tête basse qu’un monsieur rond vêtu d’un grand boubou blanc se fraie lentement un chemin parmi les hommes de la sécurité. En guise de salut, l’homme lève la main gauche vers l’assemblée comble de l’amphithéâtre Boutmy de l’université de Sciences-Po Paris, sourit timidement et cherche où s’installer.

Sous les yeux de sa délégation, dont six de ses ministres, et du directeur de la prestigieuse institution, Frédéric Mion, le nouveau président gambien prend la parole. La voix est grave. Les mots sont hésitants. Les phrases hachées. Celui qui symbolise désormais l’avènement de la démocratie en Gambie n’a rien d’un tribun populiste. Il lit consciencieusement son discours, page après page, et ne lève les yeux que pour chercher du regard le soutien de son voisin, Julien Vandriessche, responsable des conférences de l’association des Etudiants de Sciences-Po pour l’Afrique (ASPA), qui organise l’événement.
Un pays en quête de démocratie

Le but de sa visite ? Partager des « leçons apprises de la transition politique » chèrement acquise en Gambie, précisent les affiches de communication qui annoncent sa venue. Cette conférence dans une université française, c’est lui qui l’a sollicitée. Pour témoigner de l’aventure d’un pays en quête de démocratie. « C’est encourageant qu’en venant en France il veuille rencontrer des jeunes », estime Noé Michalon, un membre de l’ASPA.
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Alors l’ancien homme d’affaires raconte, « un peu platement », ose une étudiante de cinquième année présente ce soir-là : la situation dictatoriale en Gambie pendant les vingt-deux ans du règne de Yahya Jammeh ; son élection en décembre 2016 et les premiers mois de sa présidence en exil au Sénégal, à cause du refus de son prédécesseur de céder le fauteuil présidentiel ; son serment à l’ambassade de la Gambie au Sénégal, le 19 janvier. Et finalement ses espoirs démocratiques. « Je veux vous dire que la Gambie est de retour », conclut-il avec une voix égale au reste de son discours.

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