Mardi 19 Septembre 2017

Afrique centrale: question des infrastructures pour une meilleure intégration sous-régionale

Afrique centrale: question des infrastructures pour une meilleure intégration sous-régionale
(Xinhua 28/10/16)

BRAZZAVILLE, (Xinhua) -- Considérée comme l'une des sous-régions du continent la plus riche, mais la moins intégrée, en matière d'infrastructures de base, l'Afrique centrale est appelée à multiplier des initiatives pour relever le défi et booster les échanges à l'intérieur de cet espace par la construction des infrastructures.

Afin de faire face aux risques et aux nouveaux défis de la globalisation, le Congo essaie de renforcer son ouverture vers ses voisins pour renforcer l'intégration régionale, en construisant de nouvelles infrastructures ou en impulsant une nouvelle dynamique à celles existantes.

Dans ce contexte, plusieurs initiatives sont mises en œuvre ces dix dernières années, notamment l'interconnexion avec le Gabon sur l'axe Lékety-Lékoni, frontière du Gabon (dans la cuvette-ouest au nord) ; Mila-Mila-Ndendé frontière du Gabon (au sud), mais aussi l'axe Ketta-Djoum, dans la sangha.

Selon des spécialistes, la construction de ces infrastructures devra libérer les initiatives économiques longtemps en léthargie faute d'espaces d'expression. Ils favoriseront en outre la réalisation des projets économiques dans cette sous-région qui demeure parmi les dernières du continent en termes d'ouverture.

Ayant compris cette nécessité, le Congo et le Cameroun se montrent déterminés à réaliser des projets communs, notamment en matière d'infrastructures énergétiques. A travers un nouvel accord conclu le 5 octobre à Brazzaville par les deux pays, les autorités congolaise et camerounaise ont exprimé leur engagement pour la mise en œuvre du projet de construction de la Centrale hydroélectrique de Chollet, d'une capacité de 600 mégawatts.

L'accord signé par le ministre congolais de l'Energie et de l'Hydraulique, Serge Blaise Zoniaba et son homologue camerounais, Basile Atangana Kouna, prévoit l'adoption d'une nouvelle structure organisationnelle du comité inter-Etats de pilotage, l'installation d'un directeur du projet au plus tard le 30 novembre, le recrutement des experts et l'approbation du budget de ce projet.

"Les parties s'engagent à faire de Chollet la fondation de l'interconnexion électrique entre les deux pays et éventuellement avec d'autres Etats voisins d'Afrique centrale, dans le cadre des accords du PEAC", précise le communiqué final issu de la rencontre bilatérale entre les deux ministres.

ENCORE DES DEFIS MAJEURS POUR L'AFRIQUE CENTRALE

Plusieurs initiatives prometteuses ont été mises en œuvre depuis le début des années 2000 par les dirigeants de la sous-région d'Afrique centrale, afin de corriger le manque d'infrastructures qui constitue un frein de l'intégration, mais les progrès sont disparates.

À l'heure actuelle, seuls le Congo, le Cameroun et le Gabon œuvrent de mieux en mieux pour cette interconnexion des peuples. Par ailleurs, bien que l'intégration économique en soit encore à ses balbutiements, des avancées ont également été enregistrées dans le sens d'une plus grande liberté de circulation des personnes avec la mise en œuvre des plaques d'immatriculation Cémac et le passeport communautaire devenu depuis quelques temps une réalité palpable dans les six Etats (République centrafricaine, Guinée équatoriale, Tchad, Congo, Gabon et Cameroun) qui composent cette sous-région.

En termes de flux de commerce, l'Afrique centrale, en dépit de son potentiel économique, reste la zone la moins intégrée du continent. Le faible niveau d'échanges commerciaux intra-communautaires, indiquent les spécialistes en la matière, se justifie par des contraintes qui sont tout à la fois d'ordre institutionnels et organisationnelles. Mais aussi du fait de l'inefficacité des outils de facilitations des échanges avec comme conséquence le renchérissement des coûts des transactions. A ces obstacles tarifaires s'ajoutent également les procédures administratives et douanières, les restrictions quantitatives, les mesures sanitaires et phytosanitaires.

Face à ces obstacles qui entravent l'intégration de cette sous-région, tout porte à croire que le véritable problème auquel reste confrontée l'Afrique centrale, est la non application effective des textes dans la totalité des six pays.

En vue d'y parvenir, des experts estiment que trois défis majeurs doivent être relevés par les dirigeants de cet espace communautaire.

Il s'agit de créer une véritable synergie dans la mise en œuvre des programmes communautaires ; l'application des différents accords et actes visant le renforcement de l'intégration économique et commerciale dans la sous-région ; et la prise de conscience collective de ce que la question des régions doit constituer un problème commun à tous les membres de la Communauté.

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