Mercredi 18 Octobre 2017

Sécurité : Le Gabon, aussi dangereux que la Bolivie

Sécurité : Le Gabon, aussi dangereux que la Bolivie
(Gabon Review 10/08/17)

Parmi les pays les plus dangereux du monde, le Gabon, la Bolivie et l’Afrique du Sud sont classés au même niveau selon la société Gallup, dont les résultats du sondage ont récemment été publiés. Des voix se sont faites entendre pour dénoncer la reprise, par certains médias occidentaux, de ce classement.

Climat sociopolitique tendu oblige ! Au Gabon, depuis ces derniers mois, le sentiment de sécurité est faible. Le pays qui a connu des violences en fin août 2016, à la suite de la réélection d’Ali Bongo est désormais classé au même niveau que d’autres sur le continent (Afrique du Sud et Libéria) et en Amérique latine (Bolivie). Avec un indice à 58, ce pays d’environ 1,8 millions d’âmes est classé 7e par l’institut international de sondage Gallup parmi les 10 pays les plus dangereux du monde. 33% des Gabonais interrogés sont moins susceptibles de se sentir en sécurité. Beaucoup avouent craindre leurs propres forces de l’ordre, et peu ont le courage de sortir de chez eux la nuit.

L’Indice de la loi et de l’ordre 2016 de l’institut international de sondage a pris en compte 135 pays. Celui-ci s’est basé sur la confiance déclarée des personnes interrogées dans leur police locale, leurs sentiments de sécurité personnelle, l’incidence du vol au cours de l’année écoulée et l’incidence des agressions au cours de la dernière année. Selon Gallup, ses résultats sont basés sur des entretiens téléphoniques et en face-à-face avec environ 1 000 personnes, âgées de 15 ans et plus, menés tout au long de l’année 2016.

Avec ce classement, c’est peut dire que le tourisme qui a déjà du mal à redémarrer sera à nouveau impacté. D’autant que depuis sa publication, son relai par certains médias, à l’instar du quotidien Ouest France, n’a pas manqué de faire grincer des dents sur les réseaux sociaux, notamment chez les soutiens du pouvoir. A la lecture de l’article de nos confrères, certains crient à «la désinformation», d’autres à la tentative d’exacerber les tensions déjà difficilement gérables depuis des mois. Il faut dire que le descriptif du quotidien français a de quoi étonner, tant il ne colle que très peu à la réalité vécue sur place. «Entre violence politique et humiliation, les Gabonais se réunissent par bandes pour s’attaquer, voire s’entretuer. De nombreuses vidéos circulent sur les réseaux sociaux, dévoilant la crise sociopolitique du territoire. Les autorités françaises recommandent même aux touristes de se protéger contre l’escroquerie bancaire», lisait-on, lundi 7 août, dans l’article de nos confrères.

Toutefois, en dépit des critiques, les Gabonais n’ont pas le sentiment de vivre à Singapour (pays le plus sûr du monde) ni au Venezuela (pays le moins sûr du monde). Les populations n’en ressentent pas moins plus d’inquiétude depuis ces derniers mois. Or, si les arrestations plus ou moins arbitraires semblent avoir cessé, les villes du pays, peu éclairées avec la promesse d’une police de proximité qui tarde à se matérialiser, sont toujours aussi dangereuses.

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