Dimanche 25 Juin 2017

Santé : La mésaventure française de deux médecins gabonais

Santé : La mésaventure française de deux médecins gabonais
(Gabon Review 05/04/17)

Deux médecins gabonais broient du noir au Centre hospitalier universitaire régional (CHUR) de Trousseau à Tours, en France, où un terme a été mis à leur stage après trois mois sans rémunération. La faute à l’Etat gabonais n’ayant jamais honoré ses engagements, dans le cadre de la convention le liant à l’établissement sanitaire.

Grosse désillusion pour deux médecins gabonais en stage au Centre hospitalier universitaire régional (CHUR) de Trousseau à Tours, en France. En effet, les deux praticiens ayant requis l’anonymat ont été consternés de constater la cessation de leur apprentissage. La faute à leur pays qui n’est plus en mesure d’honorer ses engagements dans le cadre de ce stage.

Après un mois d’observation, «le Gabon devait tout prendre en charge», ont indiqué le praticien de 35 ans et sa collègue de 30 ans, relayés par lanouvellerepublique.fr. «On devait être payés comme en tant que médecin interne», ont-ils ajouté. Du moins sur le papier, car ces engagements n’ont pas du tout été respectés par le Gabon. Résultat des courses : les deux médecins sont aujourd’hui «sans argent, sans rien».

Au départ, pourtant, il y a une convention en bonne et due forme. Du moins, c’est ce que croyaient les médecins. Signée en octobre 2016, elle permet à des médecins gabonais de profiter de formations au CHRU Trousseau à Tours, «puisqu’il n’existe pas de spécialisations au Gabon». La convention prévoit une phase de stagiaire associé pendant une période de deux ans et une formation à la spécialisation de trois ans.

A ce qui semble, les modalités de la convention auraient changé avec la nomination du premier gouvernement du second septennat d’Ali Bongo, en octobre 2016. «Nous sommes aujourd’hui dans une situation catastrophique. Notre rémunération a été maintenue un mois, puis le Gabon devait prendre la relève et verser de l’argent à Trousseau qui devait nous le remettre», ont expliqué les deux trentenaires qui n’osent plus vraiment sortir de leur chambre universitaire malgré des papiers en règle.

Au final, ils ont donc travaillé trois mois sans être rémunérés. «On ne rentrera qu’au terme de nos formations. Moi, j’ai laissé ma femme et mes trois enfants. Venir ici, ce sont des sacrifices. J’ai vidé mes économies. Nous ne sommes pas venus pour une balade», a insisté l’un des deux médecins stagiaires, par ailleurs père de famille. «Aujourd’hui, nous sommes rejetés des deux côtés. Il n’y a aucun texte qui interdit à un médecin gabonais de se former en France», ont-t-ils ajouté, résolus à solliciter l’aide de proches.

Des sources proches du dossier assurent que l’actuel ministre de la Santé, en déplacement à Tours, é été surpris d’apprendre que des médecins gabonais y étaient accueillis. Peu avant, le 26 janvier dernier, un courriel émanant de l’hôpital de Tours a demandé aux médecins de cesser leur formation. Selon leur pays, ils n’auraient pas le niveau requis pour cette formation. Un argument contesté par les deux médecins exilés.

«Nous, on a fourni tous les éléments exigés au Gabon comme en France. Nous sommes dans la régularité. Le ministre de la Santé a demandé à suspendre les activités en projet. La nôtre, elle est en cours. On ne s’est pas senti concernés», ont expliqué les deux praticiens. Ils envisagent, via leur avocate, de mettre le centre hospitalier «face à ses responsabilités», avec une procédure devant le tribunal administratif.

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