Vendredi 26 Mai 2017

Polar - Mafia corse au Gabon : suivez Otsiemi !

Polar - Mafia corse au Gabon : suivez Otsiemi !
(Le Point 30/03/17)

Quarante ans, c'est l'âge de Janis Otsiemi, romancier gabonais venu s'épanouir dans la nouvelle collection Sang neuf d'une historique maison (Plon) après avoir été révélé et suivi par la dynamique maison marseillaise Jigal. L'auteur frotte sa plume engagée sur un terrain qu'il connaît bien : Libreville, capitale du pays où ce fan de Frédéric Dard et de James Ellroy vit, travaille et écrit. Il a grandi dans le bidonville dit Les États-Unis d'Akebe, dont ses polars, enchaînés depuis 2009, disent le réel. De La vie est un sale boulot aux Voleurs de sexe, Otsiemi a abordé des questions aussi chaudes que les meurtres rituels (La bouche qui mange ne parle pas), la guerre aux prostituées (Le Chasseur de lucioles) et un chapitre de la vie politique gabonaise entre Bongo père et fils dans African Tabloïd.

L'exotisme au second plan
« Tu ne perds rien pour attendre », au titre plus classique, annonce le passage de l'exotisme au second plan à la faveur de l'intrigue. Moins luxuriant, le style n'en perd pas son charme venu d'ailleurs comme ce « motamoter » pour apprendre par cœur. Surtout, la conduite de l'affaire est impeccablement gérée. Un jeune inspecteur, dont on ne perd pas un geste, raccompagne en voiture, de nuit, une jeune femme qu'il pense avoir « levée ». Il cherche à la revoir. Difficile : Svetlana est morte, étranglée, deux ans plus tôt, lui apprend sa mère qui n'a jamais su qui était son meurtrier. Amoureux de son « apparition », Jean-Marc rouvre l'enquête, entouré de ses fidèles de la sûreté, prêts à tout, y compris à faire le ménage dans les services de police, gendarmerie, brigade des stups à la solde du pouvoir. Plongée dans la mafia corse au Gabon vue de l'intérieur, ce roman peint le rêve africain des Mariani, Léandrini et consorts nageant dans un paradis d'impunité. Jusqu'à ce qu'un héros de roman vienne prouver qu'il existe d'honnêtes hommes au Gabon. Pas Superman, mais super-« humain », Jean-Marc incarne la voie du changement. L'inspecteur s'annonce comme un personnage récurrent. Bonne nouvelle !

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