Dimanche 19 Novembre 2017

Mairie d’Akanda : Ce qui est reproché à Sezalory

Mairie d’Akanda : Ce qui est reproché à Sezalory
(Gabon Review 19/06/17)

Alors que son cas a récemment été présenté au ministre de l’Intérieur par des conseillers indépendants et de l’opposition, l’édile d’Akanda, qui a portant réussi à faire adopter le compte administratif de 2015, est accusé de plusieurs «infractions à la loi», en plus d’une «gestion douteuse et chaotique».

Que reprochent exactement le collectif des 17 conseillers municipaux de la commune d’Akanda à Claude Michel Sezalory ? Un certain nombre de choses allant des «multiples violations flagrantes de la loi» à une «gestion douteuse et chaotique», dont ils ont refusé de partager la responsabilité, à la faveur d’un point presse, le 13 juin à Angondjé. Une sortie qui est intervenue plusieurs jours après l’adoption, par les conseillers de la majorité, du compte administratif de l’exercice 2015. Or, de ce compte, à en croire le collectif, rien ou presque n’est clair. Le président du conseil aurait réussi à faire passer plusieurs magouilles.

Le premier reproche fait au compte présenté par Claude Michel Sezalory concerne la masse salariale. Il n’y aurait pas plus «erronée», s’inquiète le collectif, qui doute des documents fourni par le bureau du conseil. A la lecture desdits documents, «il ressort qu’un montant total de 708 464 804 francs CFA a été décaissé au titre des salaires payés. Après vérification, il s’avère que la masse salariale est de 699 110 046 francs CFA. Or, à l’examen du compte de gestion fourni par madame le percepteur, il se dégage un montant total de 822 468 799 francs CFA, qui a réellement été décaissé uniquement pour les salaires et cela pour un budget estimé à 1 321 114 256 francs CFA», confie Alfred Yeyet, membre du bureau de Démocratie nouvelle, le parti dirigé par René Ndemezo’o Obiang.

Si jusqu’alors Claude Michel Sezalory est incapable de dire où est allé le surplus d’argent décaissé pour les salaires, soit 123 358 753 francs, ses détracteurs le soupçonnent de verser dans les emplois fictifs. Sinon comment expliquer «les effectifs pléthoriques» enregistrés depuis 2015 au sein de la mairie d’Akanda ? Dans la liste officielle du personnel de la mairie, en 2015, la main d’œuvre non permanent était arrêtée à 25 personnes. Sauf qu’après vérification, ceux-ci étaient, en réalité, pris en compte par une société sous-traitante et non par la mairie, supposé payer leurs salaires. Des explications sur cet état de fait ? Le mystère demeure.

Ce même mystère est jalousement entretenu sur d’autres questions touchant directement la gestion de l’édile d’Akanda. C’est le cas notamment de la direction prise par l’argent issu de la location du site réservé à la construction de l’Hôtel de ville d’Akanda à la société de BTP Socoba, les retombées financières de l’exploitation illégale pourtant quasi-journalière du sable et de la latérite, et les recettes liées à la gestion des taxis de la commune, qui paient des taxes quotidiennes en plus d’autres charges imposées par la mairie. Quid de cet argent ? Claude Michel Sezalory n’a jamais voulu y répondre, pas plus qu’il n’a l’intention de justifier le fait qu’un montant de 121 201 735 francs CFA a été payé au titre de la propreté de sa ville, alors que la collecte des ordures, à Libreville comme à Owendo, se fait par la société Averda, dans le cadre d’une convention signée avec l’Etat gabonais.

Parmi les autres reproches faits à Claude Michel Sezalory par ses collaborateurs, l’on cite le peu d’intérêt du maire pour le respect de la loi. Plusieurs engagements, financiers pour la plupart, ont été pris par lui sans l’aval du conseil. On doit notamment au maire d’Akanda la signature unilatérale d’un contrat de bail entre l’Hôtel de ville d’Akanda, les mairies du 1er et 2e arrondissement de la commune et la société immobilière Alliance, dont il est le représentant légal. Coût global de ces locations en 2015 : 111 millions de francs et une violation des dispositions de la loi n°1/2014 du 15 juin 2015 relative à la décentralisation, qui interdit à un conseiller local d’entretenir des intérêts privés avec la collectivité dont il est membre, sous peine de révocation. N’empêche, loin de craindre sa révocation, Claude Michel Sezalory n’a jamais nié également être le promoteur de la marina d’Akanda. Interpelé récemment par les 17 conseillers, Lambert Noël Matah convoquera-t-il le maire businessman pour que celui-ci s’explique ? Certains en doutent.

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