Dimanche 24 Septembre 2017

Le prix de l'inconstance !

Le prix de l'inconstance !
(Gabon Eco 11/09/17)

Pour certains, cela était prévisible, l’éviction du gouvernement de Bruno Ben Moubamba qui paie, dit-on, le lourd tribut du non- respect du sacro-saint principe de « solidarité gouvernementale ». A ce qui se dit, l’ancien membre de l’équipe Issoze Ngondet se serait fait de nombreux adversaires pour ne pas dire ennemis parmi ses collègues qui lui reprochaient ses « écarts de langage ». Quelque soit les griefs portés contre la personnalité déchue, Bruno Ben Moubamba a pour premier adversaire, sa gesticulation politique. D’aucuns se demandant où il se situe et quels véritables idéaux il défend.
Si la crédibilité doit être perçue comme le premier argument du politique qui est attendu par le citoyen sur son offre et sa constance dans le combat qu’il s’est juré de mener pour le bien de la communauté, Bruno Ben Moubamba aurait dès l’invite qui lui avait été faite d’intégrer le gouvernement Issoze Ngondet du se demander qu’allait-il faire dans ce milieu qui lui était étranger. Simplement parce qu’il avait pris l’habitude de décrier des faits et actes dont les poseurs n’étaient autres que les membres de l’écurie en même temps qu’il se proclamait d’une opposition qui ne rêvait que d’une et une seule chose : redorer le blason terni du Gabon et rendre leur dignité à ses populations victimes de la paupérisation galopante.

Or, à y regarder de très près, ce ne sont pas ces deux raisons fondamentales qui l’ont conduit à accepter l’offre du président Ali Bongo Ondimba, mais plutôt le désir de se faire connaître sur la scène nationale d’abord et internationale ensuite aux fins de se frayer un chemin sur l’échiquier politique qui a, selon certaines indiscrétions, besoin aujourd’hui plus qu’hier d’une cure de jouvence. Et, comprenne qui pourra, des jeunes ambitieux peuvent être la bienvenue, ce d’autant plus que l’heure est aux grands équilibres générationnels et à l’application de la loi genre.

On pourra tout lui reprocher, mais pas son audace au moment où le pays qui sombre sous le faix de la mauvaise gouvernance et fait face aux multiples défis conjoncturels avec en tête la baisse du prix des matières premières, principale source de devises du Gabon, sur le marché international, a urgemment besoin de toutes ses matières grises
pour oser le pari du développement.

Mais où est-ce que le bât blesse ?

Pour un sujet parfaitement instruit des règles démocratiques pour avoir passé un bon temps dans l’Hexagone, ce qui n’est pas rien, comparativement à bon nombre de ses compatriotes, le respect de la parole donnée et des valeurs républicaines devaient sans cesse guider son action. Ce qui faciliterait le jugement chez le commun des mortels qui n’est souvent que très peu instruit sur les questions politiques. Cela aurait le mérite d’établir clairement le distinguo entre l’homme politique à cheval sur les principes régissant le fonctionnement d’un Etat de droit et d’une République et le politicien que l’on peut qualifier comme celui qui se lance dans l’arène pour juste assouvir ses « bas instincts » au point de constituer une véritable menace pour la communauté.

Quelle image le Gabonais garde-t-il du passage de Bruno Ben Moubamba au gouvernement ? Pas une reluisante au vu des déceptions commençant par ceux qui n’arrivent toujours pas, en dépit de toutes les explications qui leur sont apportées, à s’expliquer les raisons qui ont conduit cet opposant que l’on croyait « radical » à épouser la voie de nombre de ses prédécesseurs n’ayant cure du qu’en dira-t-on, à l’instar des Maganga Moussavou et René Ndemezo Obiang dont on sait qu’ils ont pris l’habitude de manger à tous les râteliers. Une telle attitude se comprendrait si le gouvernement gabonais était un gouvernement d’union nationale au sens où l’on y retrouve toutes les sensibilités politiques prêtes à se faire face dans le cadre de la défense de leurs idéaux et donc des intérêts du peuple, pour ne pas dire du pays.

Comment concevoir que quelqu’un qui le matin a dit oui vienne le soir à dire tout le contraire sans argumenter véritablement, laissant l’opinion rêveuse et très préoccupée du fait qu’elle éprouve un mal fou à cerner l’homme et s’obstine à penser qu’il est doué dans l’art de faire cavalier seul. Dire qu’un homme politique doit pouvoir compter de véritables amis qui défendent les mêmes valeurs que lui et ne rechignent pas à le suivre dans sa logique. Où sont-ils ces amis de Bruno Ben Moubamba ? On le saura maintenant qu’il n’a plus de strapontin. Peut-être ici, comprendra-t-on enfin qu’il a eu tort d’adopter un comportement ambivalent que certains lui reprochaient certainement en silence !

Dounguenzolou

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