Mardi 21 Novembre 2017

La crue du fleuve Niger sème la mort et des inondations au Bénin

La crue du fleuve Niger sème la mort et des inondations au Bénin
(APA 14/09/17)
Une vue du fleuve Niger à Kanazi, au Niger.

APA- Cotonou (Bénin) - La montée des eaux du bassin du fleuve Niger et de ses affluents, occasionnée par les fortes pluies, a eu des répercussions dramatiques dans plusieurs localités du Bénin où on déplore des pertes en vie humaine et de nombreux dégâts matériels.

C’est surtout le cas à Garou, un arrondissement situé dans la commune de Malanville au nord du Bénin. A en croire le maire, Inoussa Dandakoé, cinq cultivateurs qui revenaient de leurs champs, ont été surpris par la montée des eaux et sont morts noyés. « Avec la montée des eaux, leur pirogue a chaviré. Alertés, leur village et les pêcheurs ont été mis à contribution pour les retrouver. Leurs corps ont été remis à leurs parents et ils ont aussitôt été inhumés », confie, tristement, l’autorité municipale.

Certes dans la commune de Malanville, il n’y a pas mort d’homme, mais le bilan des dégâts causés par la crue est très lourd. « On déplore, souligne Inoussa, plusieurs habitations effondrées et déjà, plus de 300 ménages sans-abris enregistrés, des hectares de cultures de riz, de maïs et de sorgho détruits par les eaux en furie, ainsi que la volaille et des ruminants emportés ».

Selon plusieurs témoignages, ce bilan est hélas provisoire dans la mesure où on ne sait pas ce qui se passe réellement dans certaines localités coupées momentanément du reste du Bénin.

Pour les localités plus ou moins accessibles comme Malanville, le drame est immense, à l’instar de Karimama, Grand-Popo, Athiémé et Dangbo.

A Karimama, toujours dans le Nord du Bénin, les membres de la plateforme chargée de la gestion des crises et des catastrophes naturelles déplorent l’inondation de plusieurs écoles en cette veille de rentrée scolaire, sans compter que plus de 1500 ha de maïs, 965 ha de riz et près de 10 ha de produits maraîchers ont été détruits.

Au plan humain, des cas de diarrhée et de vomissements ont été enregistrés dans certains villages de la commune où on déplore déjà sept décès. Mais le maire de la commune, Moussa Maman Bello, assure que ces morts ne sont pas liés aux inondations.

Le directeur départemental de la santé dans l’Alibori, Bouraïma Mama, estime pour sa part qu’il serait difficile de conclure à une épidémie de choléra ou de fièvre Ebola sans avoir eu les résultats des analyses effectuées sur les différents prélèvements.

A Grand-Popo, une ville côtière du sud-ouest du Bénin, située dans la baie du Bénin, à proximité de la frontière togolaise, cinq arrondissements sont sous les eaux. Le maire de Grand-Popo et des techniciens de la mairie se sont rendus sur les lieux afin d’évaluer le niveau de la catastrophe et de mettre en place un plan de secours d’urgence.

Selon le rapport provisoire de la mairie, on dénombre plusieurs morts, d’importants dégâts matériels avec des habitations effondrées et plusieurs voies d’accès impraticables. Pareil dans la vallée de l’Ouémé (Adjohoun, Bonou, Dangbo, Aguégués), où la montée cyclique des eaux a paralysé toutes les activités. Les établissements scolaires sont inondés et risquent de ne pas ouvrir leurs portes le 18 septembre prochain, date officielle de la rentrée scolaire.

Face à ces séries de catastrophes, le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Sacca Lafia, dans un communiqué daté du 11 septembre, a invité les populations à ne pas faire preuve d’imprudence en adoptant des comportements à risque.

Le communiqué rappelle l’importance de respecter les conseils prodigués par les agents de la plateforme chargée de la gestion des crises et des catastrophes naturelles installée dans les différentes communes, de s’abstenir de toucher aux fils électriques trainant dans l’eau, d’éviter de rester dans les maisons menacées de ruine et d’appeler en cas de nécessité le 166, numéro vert de la sécurité pour recevoir de l'aide

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