Vendredi 15 Décembre 2017

Gabon: les (nouveaux) hommes du président

Gabon: les (nouveaux) hommes du président
(Jeune Afrique 28/11/17)
Ali Bongo Ondimba, président du Gabon

Nous sommes le 30 août. À Libreville, les rumeurs de remaniement vont bon train. Les postes se proposent, s’acceptent et, parfois, se refusent. Sur les tapis feutrés du Palais du bord de mer, les destins politiques se font et se défont sous l’œil vigilant des hommes du président.

Parmi les nominés, un nouveau venu : Brice Laccruche Alihanga. Le 25 août, il a été nommé directeur de cabinet d’Ali Bongo Ondimba (ABO), en remplacement de Martin Boguikouma, choisi en octobre 2016. « Brice » est désormais le collaborateur le plus proche du président. Il gère son agenda, son courrier, ses audiences. Un rôle d’éminence grise qui débute par la préparation du voyage d’« Ali » à New York pour l’Assemblée générale des Nations unies, du 18 au 21 septembre.

Le nouveau « dircab » ne sera pas du séjour. Le président a besoin de lui à Libreville. Mais Brice Laccruche Alihanga n’en prend pas moins le dossier en main. Il convoque une réunion avec les services concernés. L’homme aime consulter, jusqu’à surcharger son agenda. Il en ressort avec une idée en tête : ABO peut se passer d’une bonne partie de sa délégation. Alors que les effectifs montent habituellement jusqu’à 90 ou 100 personnes, il réduit la voilure à une cinquantaine. La « patte Laccruche », déjà ?

« Il a un profil atypique, confie l’un de ses proches. Il a été patron de banque à la BGFI puis est passé par le secteur associatif, ce qui lui a apporté l’expérience du terrain. » « Ali Bongo Ondimba lui a donné pour mission d’être plus proche du peuple que ses prédécesseurs et de donner l’exemple, notamment dans l’utilisation des fonds de l’État », explique Ike Ngouoni Aila Oyouomi, le nouveau porte-parole de la présidence – également passé par la BGFI, dont il a été le directeur de la communication.
Les deux hommes ne se quittent plus

ABO a-t‑il souhaité placer le reste de son septennat sous le signe de la rigueur financière ? Toujours est-il que le Gabon collabore de près avec le FMI et que le nouveau directeur de cabinet semble avoir le bon profil. Après avoir décroché un diplôme en finances en France, Brice Laccruche Alihanga a débuté comme analyste dans le groupe pétrolier anglo-néerlandais Shell, avant d’intégrer, comme Madeleine Berre, la patronne des patrons gabonais, le cabinet d’audit PricewaterhouseCoopers (PwC), puis donc la BGFI, dont il est devenu le directeur central au Gabon en 2012. Limogé en 2013, il devient conseiller financier du ministère de la Défense puis, début 2016, administrateur directeur général de la Compagnie nationale de navigation intérieure et internationale (CNNII).

Brice Laccruche Alihanga dispose surtout d’un autre atout, qui le différencie de Martin Boguikouma et Maixent Accrombessi, ses prédécesseurs : l’Association des jeunes émergents volontaires (Ajev). Créée début 2015, elle a été très active tout au long de la campagne présidentielle de 2016. À 37 ans, Brice Laccruche Alihanga, franc-maçon membre de la Grande Loge du Gabon, incarne cette jeunesse que le président veut promouvoir. Ce dernier lui a ouvert les portes du Palais, et les deux hommes ne se quittent plus, du petit déjeuner, qu’ils prennent ensemble à la présidence, au débriefing du soir, qu’ils organisent sur une terrasse du Palais ou dans la voiture du chef.

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