Jeudi 23 Novembre 2017

Gabon : duel à distance entre Jean Ping et Ali Bongo Ondimba

Gabon : duel à distance entre Jean Ping et Ali Bongo Ondimba
(Jeune Afrique 03/04/17)

Je dialogue… moi non plus. À la veille des assises censées dénouer la crise postélectorale, les chances sont minces de voir ABO et Jean Ping s’asseoir autour d’une même table.

Il avait promis de ne rien lâcher. Candidat malheureux à l’élection présidentielle du 27 août 2016, Jean Ping mène depuis sept mois une guerre des nerfs contre Ali Bongo Ondimba (ABO), dont il conteste la réélection.

Le processus électoral joue les prolongations et la prochaine échéance était prévue le 28 mars, date de l’ouverture du dialogue politique organisé par le pouvoir. Selon le comité ad hoc chargé d’organiser ce forum censé réunir l’ensemble des forces politiques du pays, l’objectif est d’apaiser les tensions sociopolitiques, de renforcer l’État de droit, de relancer le développement économique et d’enraciner une gouvernance saine et efficace. Mais l’opposant ne veut pas en entendre parler. Gratifié du titre de « président élu » par ses partisans, il a organisé son propre dialogue en décembre et les a appelés à boycotter les assises décidées par son rival.

Tenez bon ! Nous pouvons encore le chasser
Ne laissant aucun répit à ABO, Ping est récemment repassé à l’offensive : il s’est rendu à Paris mi-mars, multipliant les rendez-vous avec ses soutiens français avant de se rendre à Bruxelles, où il compte des amis au sein des institutions européennes. « Tenez bon ! Nous pouvons encore le chasser », clame-t-il à ses partisans tentés de prendre part aux législatives prévues en juillet.

Dans cette guerre de tranchées, une éphémère paix des braves avait été conclue. En janvier, des contacts informels entre les belligérants ont fait naître l’espoir d’un apaisement. Jean Ping a alors laissé des modérés de son entourage discuter avec le régime. « Nous avons même évoqué la possibilité d’un rendez-vous », confie l’un des négociateurs.

Et puis patatras ! Le 2 février, le Parlement européen fait tout capoter en adoptant une résolution au vitriol s’appuyant sur le rapport de la mission d’observation électorale mandatée par Bruxelles au Gabon : selon les députés européens, le processus électoral a manqué de « transparence », au point de produire des résultats « extrêmement douteux ».

Enfonçant le clou, le Parlement demande au Conseil européen, instance ministérielle habilitée à prendre des décisions contraignantes, de se saisir du dossier pour faire jouer les dispositions de l’accord de Cotonou. Dans ce cas de figure, celui-ci prévoit l’ouverture de consultations avec le pays mis en cause et, le cas échéant, le recours à des sanctions ciblées contre certaines personnalités au pouvoir. Revigoré par ce soutien venu de Bruxelles, Jean Ping enjoint dès lors à ses émissaires de rompre tout contact avec leurs interlocuteurs.

Commentaires facebook