Vendredi 22 Septembre 2017

Gabon : des anciens détenus dénoncent les conditions carcérales au Gabon

Gabon : des anciens détenus dénoncent les conditions carcérales au Gabon
(Autre média 06/04/17)

Gabon Société – Pendant que le dialogue d’Ali Bongo se tient actuellement à Libreville, certains opposants à son régime continuent de dénoncer ce qu’ils qualifient de « hold up électoral », au Gabon comme au sein de la diaspora.

Animée par l’enseignante chercheuse membre de la Société civile gabonaise Laurence Ndong, la conférence de presse a réuni des citoyens de différentes origines (française, gabonaise, congolaise), des membres d’associations et quelques journalistes. À ses côtés Bienvenue Mengue, rescapée du QG de Jean Ping, Enrique Mamboundou Mamboundou, ex-prisonnier politique, et Fernande Ntsame Abeghe, sœur du député démissionnaire Bertrand Zibi Abeghe toujours prisonnier. Joints par Skype, Christian Kombeniondo, ex-détenu politique et Frank Jocktane, proche de Landry Amiang toujours incarcéré au Gabon, ont eux aussi livré leurs témoignages depuis les États-Unis.

Si tout au long de la conférence les intervenants ont unanimement réaffirmé leur non-reconnaissance d’Ali Bongo comme président de la République, l’évènement s’articulait surtout autour des conditions de détention des prisonniers au Gabon et des violations des droits de l’homme.

La prison centrale de Libreville a déjà fait l’objet de nombreux reportages et articles sur les conditions carcérales. Mais la conférence du 4 avril se veut particulière. Elle intervient après la réélection contestée d’Ali Bongo, après l’attaque du QG de Jean Ping, après les violences post-électorales. Au moment même où Ali Bongo organise un dialogue inclusif dans le but de « préserver la paix, la cohésion et l’unité nationale ». Or, depuis le 27 aout 2016, date de l’élection, et même avant d’après certains, les arrestations sommaires seraient en hausse, et les violations des droits humains un fait constant. Les conditions de vie des prisonniers quant à elles, se seraient terriblement dégradées.

champion de taekwondo a dévoilé des photos prises à l’intérieur de la prison. Tout au long de ses 83 jours de détention, il profitera à récolter des images afin de prouver les conditions carcérales à l’aide d’un téléphone portable qui lui vaudra d’ailleurs un séjour en isolement. Il a notamment dénoncé un manque de sécurité dans une prison surpeuplée. « Votre intégrité n’est pas assurée. À n’importe quel moment vous pouvez prendre un coup de poignard », faisant référence aux couteaux de cuisine des prisonniers. Parce que oui, les prisonniers cuisinent eux-mêmes.

Les détenus sont livrés à eux-mêmes et doivent se débrouiller pour survivre dans ce qui ressemble à un bidonville. Ils n’ont pas accès à l’eau potable, par exemple. Ils comptent sur les parents, la famille pour se ravitailler en eau. Et ceux qui n’ont plus/pas de famille ? Ils puisent l’eau qui arrive quelques fois par un tuyau et la stocke dans des bidons. Mais « le tuyau que vous voyez là, il n’y est plus », lâche Enrique. Dans cette prison, mineurs et adultes se mélangent. Sans distinction d’âge, sans distinction de condamnation. Le petit voleur dort avec le meurtrier.

Des conditions de vie difficiles

Enrique Mamboundou a raconté son calvaire qui a commencé dès le 9 juillet 2016. En effet, l’ancien présentateur télé de la RTG (chaîne nationale gabonaise) qui accuse Ali Bongo de ne pas être gabonais décide de mobiliser la jeunesse afin d’empêcher Bongo de déposer son dossier de candidature pour l’élection à venir. Dès ce jour, le leader du mouvement Brakata, affirme être devenu un homme à abattre. L’animateur télé, enfermé plus récemment que Dangher, dresse un portrait bien plus noir que son compatriote. « Les photos sont en réalité belles parce que la situation est dramatique à la prison centrale. » Pas toujours dans des cellules, certains détenus dorment à la belle étoile. Parqués dans des endroits insalubres, ils cohabitent avec les rats. Des conditions de vie qui les expose fortement à de nombreuses maladies.

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