Samedi 18 Novembre 2017

Gabon : au cabinet présidentiel, le style Accrombessi, c’est fini

Gabon : au cabinet présidentiel, le style Accrombessi, c’est fini
(Jeune Afrique 13/03/17)

Martin Boguikouma a hérité des clés du cabinet présidentiel, mais ne s’est pas installé dans le bureau de son prédécesseur, l’incontournable Maixent Accrombessi.

Volonté de marquer une rupture de style ou refus d’« insulter » l’avenir ? L’intéressé n’en dit rien. Celui qui se compare à la tortue luth – une espèce menacée dont la Pointe Denis, au large de Libreville, est le sanctuaire – voit loin mais avance prudemment. Malin, comme savent l’être les Tékés de Bongoville, qui ont eu Omar Bongo Ondimba pour maître, il ne dit du mal de personne. Surtout pas de l’ancien directeur de cabinet, même s’il a choisi de travailler autrement.

Exemplarité exigée

Ainsi, Boguikouma ne veut pas être le passage obligé et inévitable pour ceux qui veulent accéder au bureau du chef de l’État. « Mon devoir est d’aider le président à décider de ce qui fera avancer le pays. Pas de le couper des réalités du terrain », explique-t-il. Exécuter les instructions présidentielles, les transmettre aux ministres, assurer le suivi des dossiers… Cet homme peu mondain ne fait plus que ça.

Diplômé de l’université d’Ottawa, où il a connu l’actuel Premier ministre, Emmanuel Issoze Ngondet, il considère que l’exemplarité des fonctionnaires de la présidence est le premier rempart susceptible de « protéger » son patron.

Boguikouma n’est pas Accrombessi

Dans la vaste pièce du Palais où il travaille et reçoit ses visiteurs, le quadragénaire révèle toute la complexité de sa personnalité. L’ancien cadre de BGFIBank peut se montrer affable comme un banquier quand il juge son interlocuteur digne d’intérêt. Puis l’ancien gouverneur de région peut céder à son tempérament d’homme à poigne, faisant claquer ses ordres.

Martin Boguikouma n’est pas Maixent Accrombessi et ne veut pas le devenir. Ce dernier ayant quitté précipitamment le pays après son accident vasculaire cérébral, il n’a pas pu briefer son successeur sur les dossiers en instance. Les deux hommes se parlent donc beaucoup au téléphone.

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