FMI : voici venu le temps de l’austérité en Afrique centrale | Africatime
Dimanche 26 Mars 2017

FMI : voici venu le temps de l’austérité en Afrique centrale

FMI : voici venu le temps de l’austérité en Afrique centrale
(Jeune Afrique 07/03/17)
Christine Lagarde (g), patronne du Fonds monétaire international (FMI), le président camerounais, Paul Biya (c) et Michel Sapin (d), ministre français de l’Économie et des Finances lors du sommet de la CEMAC à Yaoundé.

Fragilisés par la chute des cours du pétrole, les États d’Afrique centrale se voient contraints de frapper à nouveau à la porte du FMI. Ajustements structurels, orthodoxie financière…les mauvais souvenirs des années 1980 refont surface. La potion sera-t-elle aussi amère cette fois-ci ?

Deux sommets de chefs d’État en deux mois. Le fait est suffisamment rare au sein de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) pour être relevé. Il témoigne de l’urgence pour ces présidents de trouver une solution à la grave crise économique qui ébranle leur zone. Le 23 décembre 2016 à Yaoundé, en présence de Michel Sapin, ministre français de l’Économie et des Finances – et à ce titre garant de la parité fixe entre le franc CFA et l’euro – et de Christine Lagarde, patronne du Fonds monétaire international (FMI), ils ont accepté d’ouvrir des négociations avec l’institution de Bretton Woods pour conclure « à brève échéance » des programmes d’ajustement destinés à favoriser une relance « vertueuse et durable » de leurs économies, extrêmement dépendantes du pétrole.

Dans la capitale administrative du Cameroun, ces chefs d’État ont aussi accepté de contraindre les opérateurs économiques (publics ou privés) qui conservent encore des avoirs à l’extérieur de la zone à les rapatrier immédiatement. Par ailleurs, ils se sont engagés à revoir leurs budgets pour 2017 afin d’y supprimer les dépenses considérées comme superflues. Huit semaines plus tard, le 17 février, alors que le FMI a entamé des discussions dans chacun des pays de la zone, les chefs d’État se sont réunis à nouveau à Djibloho, en Guinée équatoriale, pour faire un premier point sur ces négociations et rappeler la « nécessité » de « renforcer la discipline budgétaire » et de « promouvoir la diversification économique ».

Le souvenir des réductions budgétaire des années 80’s

Plus de trente ans après les douloureux programmes d’ajustement structurel qui ont été imposés à l’Afrique, voilà donc les dirigeants de la Cemac – parmi lesquels l’Équato-Guinéen Obiang Nguema Mbasogo, qui soutenait début 2016 dans JA qu’il ne comptait « emprunter de l’argent ni au Fonds monétaire international ni à aucune autre organisation » – contraints de frapper à la porte du FMI.

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