Lundi 25 Septembre 2017

Crise de l’Onep : Les petites victoires de Houangni Ambourouet

Crise de l’Onep : Les petites victoires de Houangni Ambourouet
(Gabon Review 15/02/17)
Le ministre du pétrole sur tous les fronts sociaux chez les employés du pétrole.

Le ministre du pétrole est régulièrement invité à éteindre les foyers de revendications dans le secteur des hydrocarbures où les plans de licenciements se multiplient.

Le ministre du pétrole sur tous les fronts sociaux chez les employés du pétrole. © D.R.

La crise dans le secteur pétrolier donne du tournis au gouvernement. Le départ des parapétroliers qui a donné lieu à une succession de rachats dans le secteur a engendré par voie de conséquence l’émergence d’une crise sociale des employés du pétrole. Comme un démineur pour désamorcer la bombe, le tout nouveau ministre du pétrole, Pascal Houangni Ambourouet est sur tous les fronts.

Le sort de ces centaines d’employés est donc soumis à la médiation du jeune ministre qui doit faire face à l’explosif dossier d’Halliburton. On apprend que les 78 salariés de sa filiale gabonaise exercent sans dirigeant local depuis le 4 janvier 2017. Sans crier gare, le directeur pays de l’entreprise, l’algérien Lyes Benyoucef, a quitté ses fonctions. Un signe de plus dans ce que ces salariés redoutaient déjà. Alors que la filiale gabonaise d’Halliburton devait être fermée fin 2016, une négociation en vue d’une compensation de fin de contrat avait été sollicitée par les employés dès mi-2016.

Un vœu resté sans suite, occasionnant chez le personnel une levée de boucliers. Le représentant du personnel avait pris l’initiative de bloquer le matériel entreposé dans les locaux de Port-Gentil. Donald Rigo avait estimé suffisant cet acte de blocage, mais c’était sans compter avec la témérité des dirigeants. Face à cette situation, aggravée par la dangerosité des produits entreposés aux caractéristiques explosifs et radioactifs, la présidence de la République a été saisie et a pris contact avec Halliburton, à travers l’ambassadrice américaine au Gabon.

Le 3 février dernier, indique une source bien informée, Mark Niblett, le vice-président en charge de la sécurité chez Halliburton était à Libreville pour négocier une sortie de crise avec le ministre du pétrole. Une rencontre, dit-on, qui s’est soldée par un échec. Ainsi, le 12 février dernier, le congolais Yves Nitoud, responsable des ressources humaines chez Halliburton a été dépêché à Libreville pour débloquer la situation. En attendant la suite de ce dossier, les employés demeurent dans l’expectative.

Chez Shell en revanche, le ministre du pétrole a remporté une courte victoire le 20 janvier dernier, en avalisant le procès-verbal de conciliation entre la tutelle et les salariés. Entre 16 et 25 mois de salaires, selon l’ancienneté, auraient été perçu par les employés, indique le document de conciliation. Un bon ‘’deal’’ pour les salariés car, la prime est exemptée de tout impôt. Les cas de départs volontaires qui s’étendent jusqu’à douze mois, après la cession, seront accompagnés financièrement par l’entreprise, rapporte la même source. Une fière chandelle que ces employés doivent au ministre du pétrole, lui qui a pris au pied levé un dossier suivi depuis le départ par Eloi Nzondo, l’actuel ministre du Travail.

Si la saignée des plans de licenciements ne s’estompe pas, c’est aussi en partie lié à la fragilité actuelle de l’Organisation nationale des employés du pétrole (ONEP). On indique plus de 2000 emplois supprimés depuis 2014. Arnauld Engandji, l’ancien conseiller et actuel patron de la Gabon oil company (GOC), serait mis à l’index pour avoir parié de décrédibiliser l’Onep.

Auteur : Alain Mouanda

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