Biens culturels : Comment endiguer le trafic illicite ? | Africatime
Mardi 25 Avril 2017

Biens culturels : Comment endiguer le trafic illicite ?

Biens culturels : Comment endiguer le trafic illicite ?
(Gabon Review 18/11/16)
Les officiels au lancement de la formation.

Une vingtaine de professionnels du ministère de la Culture et des Arts, des ONG œuvrant dans le domaine bénéficient, du 17 au 18 novembre 2016, d’une formation sur «le trafic illicite des biens culturels, gestion des musées et protection des biens culturels en cas de conflits armés».

Le ministère de l’Économie numérique, de la Communication en partenariat avec la représentation locale de l’Unesco a ouvert le 17 novembre 2016, un atelier de formation sur la problématique du trafic illicite de biens culturels.

La vocation de cette session de formation de deux jours est de permettre aux professionnels du patrimoine de disposer d’une parfaite maitrise des outils techniques nécessaires en matière de lutte contre le trafic illicite, la protection des biens culturels et gestion des musées. Les travaux seront axés sur l’appropriation des mécanismes des conventions de l’Unesco de 1954, 1970 et de l’Unidroit.

Selon le ministre délégué à la Communication, Olivier Koumba Mboumba, le trafic illicite des biens culturels, s’accroit de jour en jour et n’épargne aucune région dans le globe. L’ouverture des frontières, la manipulation des conflits, la pauvreté, la misère, l’essor du marché de l’art sont autant de facteurs qui pourraient expliquer pourquoi le trafic d’œuvres d’art se situe en seconde place après celui de la drogue. «La faiblesse des politiques sectorielles existantes, l’insuffisance et l’inadéquation des ressources humaines dont dispose le ministère en charge de la Culture ainsi que l’importance du secteur informel constituent autant d’obstacles à la protection du patrimoine et à la promotion de la créativité», a-t-il affirmé.

Cet espace d’échange et de renforcement de capacités, constitué en modules pédagogiques devra permettre aux participants au bout de quarante-huit heures, de s’approprier l’ensemble des mesures de protection juridique, aussi bien nationales que supranationales. «Cependant, pour lutter contre le commerce illicite de biens culturels, la ratification seule des conventions ne suffit pas et devient inopérante si toutes les mesures nécessaires ne sont pas prises sur le plan national, notamment le renforcement des capacités en ressources humaines», a estimé le représentant de l’Unesco au Gabon, Vincenzo Fazzino.

Le Gabon, comme de nombreux pays du continent, a ratifié nombre de conventions culturelles de l’Unesco, notamment celles de 1954 et 1970 portant respectivement sur la «protection des biens culturels en cas de conflit armé» et celle concernant «les mesures à prendre pour interdire et empêcher l’importation, l’exportation et le transfert de propriété illicites des biens culturels». Mais ces outils ne l’épargnent pas de la menace du trafic illicite des biens culturels. De nombreuses pièces de valeur inestimable sortent chaque année de son territoire. En dépit des efforts nationaux, le patrimoine culturel y est particulièrement menacé notamment par ce trafic d’objets sacrés et rituels, réduisant de ce fait, la qualité des collections publiques ou privées présentes sur le territoire.

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